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Le gouvernement enterre la taxe carbone

le Mardi 23 Mars 2010 à 11:53
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Après le remaniement, le tri dans les réformes du gouvernement. Estimant que la taxe carbone avait pesé lourd dans la défaite électorale, François Fillon a annoncé mardi matin aux députés UMP réunis à huis-clos, son abandon pur et simple. Le Premier ministre soulignant que si elle devait entrer en vigueur, ce serait au niveau européen, pour "{ne pas plomber la compétitivité}" des entreprises françaises.

Une raffinerie de pétrole sur la côte de Singapour © ©REUTERS/Vivek Prakash Radio France

La taxe carbone, une majorité de députés UMP d'emblée ne l'avait pas digérée. Or, la réunion prévue ce matin à l'Assemblée nationale devait être l'occasion de "crever les abcès". Pas question de "casser la maison", avait dit au préalable le patron des députés UMP Jean-François Copé, mais il s'agissait de "revenir aux fondamentaux" : la fin de l'ouverture à gauche, la réforme des retraites, la réduction des déficits et... l'abandon de la taxe carbone. La taxe carbone, grande perdante des régionales Cette taxe, baptisée Contribution climat énergie, dans sa nouvelle version, devait entrer en vigueur au 1er juillet, aux dires récents de Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Écologie. Mais sentant le vent tourner, Nicolas Sarkozy, à la veille des régionales, avait temporisé dans un entretien au Figaro magazine, suggérant qu'elle ne serait pas appliquée avant son instauration aux frontières de l'Europe. _ "Nous n'imposerons pas à nos industriels des contraintes si, dans le même temps, on autorise les importations venant de pays qui ne respectent aucune des règles environnementales à inonder nos marchés", avait expliqué le chef de l'État. Résultat : pas de taxe au 1er juillet, confirme ce midi Jean-François Copé. "Elle sera européenne ou ne sera pas"
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Chantal Jouanno "désespérée", le Medef "soulagé" La voilà donc enterrée, au grand dam de la secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, "désespérée de ce recul", "désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte". "C'était possible de le faire en France avant de le faire en Europe, a ajouté la secrétaire d'État. C'est ce qu'on avait prévu à l'origine, c'est ce que d'autres pays comme le Suède ont fait". _ La présidente du Medef, Laurence Parisot, au contraire, s'est dit "soulagée".
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Dans la majorité, cependant, on joue sur les mots. Plus qu'un "abandon", Jean-François Copé évoque "un report". Pourtant, pour le PS, c'est bien d'un enterrement qu'il s'agit, "sans explication" et sans "autre proposition". Pour la secrétaire nationale du PS à l'environnement Laurence Rossignol, "si l'abandon de la taxe carbone, qui était injuste et inefficace, est une bonne nouvelle pour les ménages, en revanche le gouvernement vient aussi de renoncer à toute réorientation de la fiscalité en faveur de l'environnement".
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Même tonalité chez les Verts. Ils ne pleureront, préviennent-ils, la taxe carbone. mais regrettent "cet abandon en rase campagne ". "Pour le gouvernement, l'avenir de la planète s'arrête à 2012". Cécile Duflot déplore le manque de courage politique du gouvernement et de Nicolas Sarkozy.
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Et demain "l'abandon du Grenelle ?" Question posée par les dix principales ONG françaises de défense de l'environnement, dans une lettre ouverte au président de la République. "Vous avez signé le pacte écologique. Vous vous êtes personnellement engagé à faire de la taxe carbone un des piliers de votre politique environnementale", écrivent notamment Réseau Action Climat France, Greenpeace, WWF, ou encore Les amis de la Terre. "Or le Premier ministre vient d'annoncer son abandon. La taxe carbone n'est plus, et de votre promesse, il ne reste rien. Les associations sont scandalisées par le mépris qui caractérise cette décision ". _ Conclusion de cette lettre : "Monsieur le président, l'avenir du climat mérite mieux que tout opportunisme politique" ! Nicolas Sarkozy pourrait y revenir en personne justement demain, après le premier conseil des ministres de son gouvernement remanié. Le chef de l'État a prévu de prononcer une déclaration pour "fixer ses priorités des mois à venir". Une opération de reconquête qui ne fait manifestement que commencer... Cécile Quéguiner avec agences