Stigmatisé à gauche, le débat sur l’identité nationale et la tournure que prennent les échanges jettent de plus en plus le trouble dans les rangs de la majorité présidentielle. Les voix se multiplient pour réclamer, au minimum un sérieux recadrage du débat, voire son arrêt pur et simple…
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"Ce que j'entends dans la bouche de certains élus de la République (…) me fait frissonner, me fait peur, comme musulman'', s’inquiète le commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances Yazid Sabeg, Allusion aux propos de Nadine Morano sur le "jeune musulman" (lire nos articles), propos qui ont fini de délier les langues. Au sein de la majorité présidentielle, de plus en plus de voix s’élèvent en effet pour fustiger, clairement ou à demi-mot, une tentative de siphonage des voix du Front national, à quelques mois des élections régionales. _ Les plus timorés appellent, comme Fadela Amara ce matin sur France Info, à "border ce débat" pour éviter de "libérer une certaine parole qui peut être dangereuse pour notre République et le ’vivre ensemble’". _ Les plus radicaux unissent leurs voix à celles de la gauche pour réclamer l’arrêt pur et simple d’un débat mal cadré et lancé au mauvais moment par la mauvaise personne. Le – certes, chiraquien – maire de Troyes, François Baroin, affirme s’être "démarqué très vite et très tôt de ce débat, que je ne comprends pas parce que je n'en vois pas l'objectif", a expliqué l’ancien porte-parole du gouvernement (1995). Et François Baroin de demander que l’on "mette en suspens" ce débat. Un mauvais débat (...) ça s'arrête Pas moins de trois anciens Premiers ministres de droite ont soigneusement pris leurs distances : Alain Juppé, se demandant "à quoi bon relancer un débat ?". Jean-Pierre Raffarin appelant à "plus de rigueur intellectuelle" pour éviter le "populisme". Et Dominique de Villepin pour qui "ce débat n’a pas de sens". Pour le prédécesseur de François Fillon à Matignon, le débat "n'aurait pas dû être mené à ce moment-là (…) il n'aurait pas dû être ouvert par celui qui l'a ouvert, c'est-à-dire le ministre de l'Immigration". Et Dominique de Villepin de conclure : "Un mauvais débat ça ne se suspend pas, ça s'arrête". Pour sortir de ce qui ressemble de plus en plus à une impasse, un responsable de la majorité indique que l’UMP organisera fin janvier une réunion sur le thème de l’identité nationale. L’initiative devrait permettre de clore le débat, avec des propositions concrètes sur le "patriotisme économique" et la maîtrise de la langue française. C’est également fin janvier que la mission d’information parlementaire sur le voile intégral rendra son rapport, après avoir procédé ce mercredi aux dernières auditions. Elle pourrait préconiser la mise en place d’une nouvelle loi pour interdire le port de la burqa dans les lieux publics. Gilles Halais, avec agences
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