Le débat sur l'identité nationale voulu par Eric Besson s'ouvre officiellement aujourd'hui. Mais les préfectures qui sont chargées de l'organiser ne sont pas prêtes. La gauche accuse le ministre de l'Intégration et de l'Identité nationale de vouloir faire diversion, à moins de six mois des régionales. L'extrême droite demande la tenue d'un véritable "Grenelle" sur le sujet, alors que la contestation atteint les rangs de la droite.
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«Qu’est-ce-qu’être Français aujourd’hui?» et «Quel est l’apport de l’immigration à l’identité nationale?». Ce sont les deux questions auxquelles devra répondre le débat qui s'ouvre aujourd'hui sur l'identité nationale, notamment sur un site internet dédié. Un «vaste débat» dont l'organisation avait été annoncée par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Eric Besson le 25 octobre. L'organisation du débat en attente Il revient aux 100 préfectures et aux 350 sous-préfectures de l'organiser avec les «forces vives de la nation» : associations, enseignants, syndicats, chefs d'entreprise, élus, etc. Le débat "s'achèvera avant le 28 février", a précisé Eric Besson qui s'est chargé d'en dresser une «synthèse générale» par la suite. Seul problème : les préfectures et les sous-préfectures ne sont pas encore informées. La circulaire ministérielle devrait arriver aujourd'hui dans la journée. Une diversion électoraliste pour le PS Reste que le débat, ou plutôt la polémique, a déjà commencé dans les médias. Le Parti socialiste dénonce une diversion électoraliste, à quelques mois des régionales. «La ficelle est un peu grosse» appuie Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS. L'opposition voit dans ce débat une façon pour le gouvernement de détourner l'attention en pleine crise économique et de remobiliser une partie de son électorat. Le gouvernement, confronté à «une série de scandales politiques», «tente de reprendre la main sur une partie de la frange dure de son électorat», via une «pauvre opération de communication politique» a assené dimanche le porte-parole du PS Benoît Hamon. _ De son côté, Ségolène Royal a également dénoncé «l'opération de diversion» mais elle considère cependant que «ce débat est un vrai débat». _ Marine Le Pen s'est empressée de réclamer une entrevue avec Nicolas Sarkozy et un «Grenelle de l'identité nationale» . Et elle attend toujours une réponse en personne de la part du président de la République. _ A droite, plusieurs personnalités politiques ont apporté leur soutien à Eric Besson. «La défense de notre modèle culturel et de la 'Douce France' chantée par Charles Trenet, passe par la redéfinition de notre identité nationale», a ainsi expliqué Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Le parti majoritaire estime qu'il serait d'ailleurs dangereux de laisser ce thème au Front national. _ Mais quelques dissonances se font entendre à droite. _ Alain Juppé s'interroge sur la pertinence de relancer ce débat qualifié de «très risqué» par Christine Boutin, la présidente du Parti chrétien démocrate. 60% des Français sondés pensent que «c'est une bonne chose» Selon un sondage publié dans l'édition dominicale du Parisien - Aujourd'hui en France, 60% des Français interrogés estiment que «c'est une bonne chose» que le thème de l'identité nationale devienne un sujet de débat dans la société française. Par ailleurs, ils sont 80% à estimer que la langue française est l'un des éléments importants qui constituent l'identité de la France.
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