A deux jours d'un nouveau mouvement social dans les hôpitaux, le président de la République, Nicolas Sarkozy, annonce des concessions au projet de loi Bachelot. Il reprend notamment une proposition du rapport Marescaux : la création d'une direction collégiale pour tempérer le pouvoir des futurs directeurs de CHU, dont la fonction cristallise une partie de la fronde des hospitaliers.
Nicolas Sarkozy en visite à l'hôpital de Rambouillet le mois dernier. © © REUTERS Radio France
Nicolas Sarkozy voulait un “super patron” pour chaque hôpital. Le projet de loi “Hôpital, patients, santé, territoires”, porté par Roselyne Bachelot a mis ce vœu en musique en instituant la nomination en conseil des ministres des directeurs généraux gestionnaires de chaque CHU. _ C'est sur cette mesure-phare que le président de la République a choisi de revenir, alors qu'elle provoque l'ire du monde médical. Fin avril, plusieurs milliers de salariés hospitaliers, soutenus, fait rare, par des grands professeurs de médecine, les fameux “mandarins”, ont défilé à Paris pour refuser la création d'un “hôpital-entreprise”. _ Principal accusé : le directeur, jugé trop puissant et plus sensible aux problèmes de gestion et de budget qu'aux impératifs médicaux. Pour tenter de calmer la grogne qui s'étend dans le monde médical, Nicolas Sarkozy a donc abattu la carte Marescaux. Il a annoncé cet après-midi que plusieurs propositions du rapport remis par le professeur Jacques Marescaux (son interview ci-dessous) sur la réforme des CHU seraient reprises. _ En tout premier lieu, la création d'une direction collégiale en lieu et place du “super patron”. Le futur directeur général de chaque CHU, toujours désigné par le conseil des ministres, sera donc flanqué de trois vice-présidents : “le président de la CME (commission médicale d'établissement), le doyen et un vice-président chargé de la recherche, nommé sur proposition conjointe du président de l'université, du doyen et du président de l'alliance”, a expliqué le président de la République. Quant aux autres membres médicaux du directoire de chaque hôpital, ils seront nommés par le directeur, mais sur proposition du doyen et du président de la CME. Le problème, c'est que le projet de loi est déjà passé devant l'Assemblée nationale, qui l'a voté. Entre temps, les manifestations ont convaincu le gouvernement de mettre de l'eau dans son vin. Ces mesures qui en changent en partie la nature devront donc être injectées dans le texte par amendement, avant qu'il soit examiné par le Sénat à partir de demain. _ En attendant, les hospitaliers maintiennent leurs appels à la mobilisation pour cette semaine. Grégoire Lecalot, avec agences
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