Suppression de la pub, nomination du PDG par l'Elysée : les corrections faites par Nicolas Sarkozy au rapport de la commission Copé sont critiquées par les syndicats, l'opposition et au sein même de l'équipe gouvernementale.
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Un an presque jour pour presque. Le 8 janvier dernier, Nicolas Sarkozy annonçait sa volonté de mettre fin à la publicité dans l'audiovisuel public. Le 1er janvier prochain, ce sera effectif : la publicité sera supprimée après 20 heures, avant sa disparition complète le 1er décembre 2011. Un calendrier beaucoup plus serré que celui proposé par la commission Copé. Cela ne laisse donc que six mois à France Télévisions pour se préparer à la suppression de la publicité. C'est trop court, déplorent les syndicats : "France Télévisions va avoir encore plus de mal que ce qu'on croyait à boucler la fin de l'année 2008, pour 2009 et la suite, rien n'est assuré", regrette Jean-François Téaldi, porte-parole de la CGT. D'autant que "les confrères de France Télévision Publicité vont se retrouver au chômage dès le mois de janvier". La transformation de France 3 en chaînes régionales, proposée par la commission Copé, a disparu du discours de Nicolas Sarkozy. Cette mesure est-elle abandonnée ? Les syndicats s'inquiètent. Du côté du financement, le chef de l'Etat a suivi les recommandations de la commission, et décidé de taxer les revenus des opérateurs de télécom. Mais plus que prévu : ce sera 0.9% du chiffre d'affaires, au lieu du 0.5% préconisé par Jean-François Copé. Ce qui irrite les intéressés, qui estiment cette taxe "contre-productive et illégale". "Le retour de l'ORTF" ? Mais la mesure la plus inattendue - et la plus contestée - concerne la nomination du président de France Télévisions, qui serait désormais le fait de l'Elysée. Cette mesure, qui n'a jamais fait partie des pistes évoquées par Jean-François Copé, inquiète syndicats et membres de l'opposition, qui craignent une "mainmise de l'Elysée", un "placement sous tutelle", bref "le retour de l'ORTF". Cette mesure surprise, qui contraste avec le fonctionnement des autres télévisions publiques européennes (LIRE NOTRE ENCADRE), provoque même un nouveau "couac" gouvernemental : ce matin sur Canal +, le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes s'est prononcé contre la nomination du patron de la télé publique par le "château" : "Il y a un parfum de Vème République du début, qu'il vaudrait peut-être mieux éviter", a notamment déclaré Jean-Pierre Jouyet. Invitée de France Info, la ministre de la Culture a vivement rejeté les accusations de reprise en main de l'audiovisuel public, "une absurdité" selon Christine Albanel. Céline Asselot
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