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Ecoutes en Libye : la FIDH porte plainte contre la société française Amesys

le Mercredi 19 Octobre 2011 à 05:28
Par France Info

cata © © France Info - Radio France

Amesys, filiale française de Bull, est une curieuse PME, spécialisée entre autres dans l'interception électronique. Selon la Fédération internationale des ligues des Droits de l'Homme, c'est elle qui aurait vendu à Kadhafi en 2007 de quoi mettre sur écoute toute la population libyenne, et surtout traquer et éliminer l'opposition. _ L'ONG s'apprête donc à déposer plainte contre X, avec constitution de partie civile, pour complicité de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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Selon la plainte de la FIDH que France Info a pu consulter, Amesys, dont le siège se trouve à Boulogne-Billancourt, a fourni à la Libye, dès 2007, un système d'interception des communications appelé Eagle, associé à un logiciel Glint permettant d'enregistrer, décoder, stocker et redistribuer les communications Internet, satellitaires ou téléphoniques qu'elles soient passées d'une cabine ou d'un portable. Ce sont des journalistes du Wall Street Journal visitant les ruines du centre de surveillance des communications de Mouammar Kadhafi qui ont mis la main sur des documents confondants signés Amesys, des notices d'utilisation de leur système d'écoute à grande échelle. Documents apportant la preuve qu'un "big brother" à la française avait été implanté en Libye. - Consulter l'article d'Owni : "Mode d'emploi du Big Brother libyen" Or, selon la FIDH, les dirigeants de cette entreprise française ne pouvaient ignorer à quel type de régime ils prêtaient leur concours - même si c'est aussi en 2007 que Mouammar Kadhafi plantait sa tente caïdale dans la cour de l'Élysée. D'où ce chef d'accusation visant Amesys : "complicité de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants".
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Enfin, l'ONG s'interroge sur le rôle de l'État français dans cette affaire. L'exportation de matériel sensible de ce type ne peut théoriquement avoir lieu sans son autorisation expresse. Or aucune autorisation n'aurait été délivrée à la société Amesys. Une autre ONG Sherpa a d'ailleurs déjà porté plainte contre Amesys à ce sujet.
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_ En outre, des spécialistes français du renseignement militaire seraient allés former leurs homologues libyens dans ces années-là, aux côtés d'ingénieurs d'Amesys, selon un témoignage publié par lefigaro.fr le 1er septembre. Le 2 septembre dernier, le député socialiste Christian Paul a même réclamé des explications au gouvernement, dans une question écrite. (Voir notre article) Cécile Quéguiner, Erik Kervellec
Par France Info
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