Les associations de défense des Droits de l'Homme et celles qui travaillent avec les communautés des Roms et des gens du voyage dénoncent les propos tenus par le président de la République. Elles estiment qu'il stigmatise une communauté, "cible facile" en temps de crise. La Ligue des Droits de l'Homme l'accuse d'en faire des "boucs émissaires".
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“Nous nous préparons à en prendre plein la gueule comme ça a toujours été le cas pendant les crises politiques mais cette fois-ci, encore un peu plus”, soupire Saimir Mile, porte-parole de l'association Voix des Roms. “La France va mal, votre président va mal. Il cherche à détourner l'opinion publique vers des cibles faciles”, déplore-t-il. Après les évènements de Saint-Aignan, le chef de l'Etat a annoncé une réunion à l'Elysée le 28 juillet sur les “problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms”, après les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). “Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière”, a-t-il dit. “C'est sidérant: on est dans la désignation de boucs émissaires après des faits divers”, se désole Malik Salemkour, chargé du dossier au sein de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH). “Plutôt que de stigmatiser une population, il serait bien que les lois de la République s'appliquent à tous”, condamne-t-il, pointant du doigt les maires qui n'ont pas aménagé les places adaptées à ces populations contrairement à ce que prévoit la loi. Pour Coralie Guillot, de l'association Parada France, qui travaille avec les Roms de Seine-Saint-Denis, “ce n'est pas la peine qu'ils se réunissent car c'est déjà décidé: on n'a jamais vu autant d'évacuations en Ile-de-France que depuis deux ou trois mois” .“Après ces expulsions, ils vont en Roumanie quelques semaines puis reviennent en France ou bien ils s'installent ailleurs”, explique-t-elle. “Cela ne fait que créer plus de précarité”, assure Coralie Guillot. Nicolas Sarkozy “fait encore une fois l'amalgame entre les Roms, les gens du voyage et la délinquance”, se désole Olivier Peyroux, de l'association Hors la rue, qui s'occupe de jeunes en situation d'errance. “C'est une réponse sécuritaire qui va renforcer les clichés alors qu'on n'a pas besoin en temps de crise d'exacerber les fantasmes des uns et des autres”, estime-t-il. Grégoire Lecalot, avec agences
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