Dans le procès de deux policiers accusés d'avoir causé la mort d'un adolescent de 14 ans en juin 2007 à Marseille, le ministère public a requis de la prison avec sursis contre les deux prévenus. Un an de prison avec sursis contre le chauffeur et six mois avec sursis contre son chef de patrouille. Le procureur du tribunal correctionnel pouvait requérir jusqu'à sept ans de prison ferme.
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Le procureur du tribunal correctionnel de Marseille a choisi de ne pas avoir la main trop lourde à l'encontre des deux policiers, jugés pour homicide involontaire, avec circonstances aggravantes pour l'un d'eux, et qui comparaissent libres. A l'encontre du chauffeur, un policier stagiaire de 24 ans, le plus lourdement accusé, il demande un an de prison avec sursis. Contre son chef de patrouille, qui se trouvait à l'arrière du véhicule de service lors de l'accident qui a coûté la vie à Nelson Lobry-Gazelle, 14 ans, il requiert six mois de prison avec sursis. Le ministère public demande aussi des mesures d'annulation de permis de conduire à l'encontre des deux hommes. Ces réquisitions plutôt indulgentes ont été accueillies par des pleurs sur les bancs de la partie civile, la famille de l'adolescent fauché par la voiture. La mort de Nelson a provoqué une vive émotion à Marseille, dans les quartiers Nord, dont la victime était originaire. Ce matin du 23 juin 2007, l'adolescent, surnommé “little big man” par ses copains, revient du sport avec son frère et des amis. Son vélo à la main, il traverse une rue au passage clouté, quand il est mortellement fauché par une voiture de police. L'enquête fera apparaître qu'elle roulait à plus de 70 km/h dans une rue limitée à 50, qu'elle fonçait ainsi sans gyrophare ni “deux-tons”, la sirène des véhicules de police et qui plus est, la voiture de service aurait brûlé un feu rouge, ce que nient les prévenus. Tout ça pour aller relever des collègues qui gardaient un détenu à l'hôpital nord. Une mission qui n'avait aucun caractère d'urgence justifiant l'attitude pressée du véhicule. Les murs de la cité se sont recouverts de photos à l'effigie de la victime, une marche silencieuse a eu lieu une semaine après le drame et le père de l'adolescent, Rémy Lobry, avait même rencontré Nicolas Sarkozy, alors nouvellement élu. Les deux prévenus risquent en théorie sept ans d'emprisonnement, ainsi qu'une radiation de la police. Le jugement sera rendu le 23 octobre.
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