Des commerçants des quartiers chics de Paris protestent contre la femme du ministre de l'Intérieur d'Arabie Saoudite, la princesse Maha al-Sudaïri. Elle aurait laissé des notes d'un total de plusieurs millions d'euros dans des hôtels et des commerces de luxe. Retranchée au palace parisien le George V, elle se mure dans son refus.
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70.000 euros de lingerie fine, des séjours dans des palaces, des achats dans des enseignes de luxe... La princesse saoudienne Maha al-Sudaïri, femme du ministre de l'Intérieur, le prince Naïef Bin Abdulaziz Al Saoud, sème dans tout le Paris chic des notes impayées dignes de son rang. Le montant total des impayés, impossible à cerner pour l'instant, pourrait s'élever à plusieurs millions d'euros. Et la liste des commerçants floués semble extraite d'un guide de survie du gotha. Au total, une trentaine d'enseignes de luxe attendent leurs règlements. Ne voulant pas rejouer le rôle du joailler Boehmer, dans l'affaire du collier de la Reine*, version carte de crédit, les commerçants ont décidé de faire le siège du refuge doré de la princesse Maha al-Sudaïri, claquemurée dans le palace parisien le George V, propriété de son neveu, le prince al-Walid. _ Elle descendait précédemment au Crillon, mais il semble que depuis que l'hôtel soit passé dans la liste de ses créanciers, elle s'y soit sentie moins à l'aise. Factures de petites culottes princières Certains ont été plus loin que ce siège. La patronne d'une enseigne de lingerie a décidé de passer par la voie diplomatique. Reçue à l'ambassade d'Arabie saoudite et après avoir fait antichambre au consulat, elle s'est vu opposer une fin de non-recevoir : l'Etat saoudien n'a pas vocation à couvrir les dettes de ses ressortissants, fussent-ils de “sang bleu”. Ce que le consul nomme les “factures de petites culottes”. En désespoir de cause, certains commerçants envisagent de donner dans la faute de goût, dans ce monde feutré, où les affaires se règlent préférentiellement en famille : aller demander leur dû en justice. Problème pour eux, la princesse est couverte par l'immunité diplomatique. Grégoire Lecalot, avec agences * Boehmer est le nom du bijoutier qui crut vendre un somptueux collier de diamants à la reine Marie-Antoinette en 1785. Mais ses intermédiaires étaient en réalité des escrocs qui vendirent les diamants à l'étranger.
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