Accusé de l'assassinat d'Agnès Le Roux, riche héritière du Palais de la Méditerranée disparue en octobre 1977 à Nice, l'ancien avocat Jean-Maurice Agnelet était jugé par la cour d'assises d'appel des Bouches-du-Rhône. L'avocat général a requis vingt ans de réclusion. Le verdict est attendu vendredi.
Maurice Agnelet et ses avocats devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence © ©REUTERS/ Jean-Paul Pelissier Radio France
Trente ans après, "l’affaire" du Palais de la Méditerranée touche à sa fin. Ce second procès, tout autant que le premier, n'aura toutefois pas permis de faire la lumière sur la disparition d'Agnès Le Roux ni sur la culpabilité de Jean-Maurice Agnelet. Sans preuves et sans cadavre, en presqu'un mois d'audiences, de nombreux indices auront néanmoins peut-être permis aux jurés de mieux cerner le mystère de la disparition de sa maîtresse. Contrairement à Nice où l'accusé était apparu désinvolte, il a joué à Aix dans un registre plus sobre, sans éviter toutefois certaines incohérences. En première instance, en décembre 2006, Agnelet avait été acquitté. L'avocat général a tout fait aujourd'hui pour que ce scénario ne se reproduise pas... Me Hervé Temime, avocat de la famille Le Roux, partie civile, a ainsi mis en exergue hier "le cynisme" de Jean-Maurice Agnelet. Il a évoqué le fait que l'accusé avait devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes plus ou moins laissé entendre qu'il renonçait aux trois millions de "francs" d'alors appartenant à Agnès Le Roux gelés depuis 1977 sur un compte en Suisse, et qu'il n'était finalement plus si sûr de cela à Aix. Me Temime a rappelé qu'à l'audience lundi Jean-Maurice Agnelet avait assuré que "les uns et les autres essayent depuis longtemps de se partager le magot" , sous entendu, la mère d'Agnès, Renée Le Roux, son frère et ses deux sœurs, et qu'"il n'avait pas l'intention de leur faire des cadeaux". "Je ne voudrais pas auprès des jurés devoir mon acquittement à un renoncement financier", a-t-il ajouté, provoquant l'indignation de la famille Le Roux. L'avocat s'est souvenu enfin que dans l'ordinateur de Jean-Maurice Agnelet les enquêteurs avaient retrouvé une petite phrase extraite des "Justes" d'Albert Camus dans laquelle l'auteur dit "j'ai choisi d'être innocent". "Incapable d'un sentiment de culpabilité, Maurice Agnelet a fait de cette phrase son credo", a conclu Hervé Temime avant de se tourner vers les jurés et de leur dire simplement, "c'est à vous de juger". Le verdict est attendu vendredi.
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