Il a été interdit par une loi datant de 1998. Pourtant, le bizutage existe toujours dans les universités et les grandes écoles françaises. Cette pratique qui consiste à humilier les nouveaux élèves s'est simplement fait plus discrète, réservée le plus souvent à des "week-ends d'intégration" très alcoolisés. Le point sur ces nouvelles pratiques, en partenariat avec le magazine {L'Etudiant}.
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C'était mardi dernier. Devant l'entrée de l'Ecole Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, à Cluny, un groupe de militants accueille les nouveaux étudiants. Dans leurs mains, des tracts appelant à la vigilance à l'égard des pratiques de bizutage - appelé "usinage" ou "période de transmission des traditions" à l'ENSAM. Ces militants, ce sont des professeurs et des syndicalistes inquiets de la recrudescence du bizutage depuis un an au sein de l'école. Et l'ENSAM est loin d'être la seule dans ce cas. Le bizutage a survécu à son interdiction, en 1998 (LIRE L'ENCADRE). Il a seulement changé de nom - le mot "bizutage" est désormais tabou, remplacé par "défis", "gage", "challenges" - et il a quitté la place publique pour s'installer dans l'intimité des "week-ends d'intégration" organisés en début d'année scolaire par les bureaux des étudiants (BDE). Strip-tease et jeux à boire Au programme de la plupart de ces week-ends : jeux de piste, footing en pleine nuit, concours de Miss et Mister Bizut, mais aussi jeux à caractère sexuel (strip tease, simulation d'acte sexuel, concours d'imitation d'orgasmes...), et bien sûr énormément d'alcool. Un cocktail explosif dont beaucoup d'anciens "bizutés" se souviennent avec malaise (LIRE L'ENCADRE), quand elle ne tourne pas purement et simplement à l'agression physique ou sexuelle. Alors, pourquoi ces élèves acceptent-ils ce rite de passage pour le moins douteux ? Parce qu'il est difficile de dire non, relève Samuel Lepastier, psychiatre. "La victime a toujours le sentiment d’être en faute. Si elle n’ose pas dire non, elle croit être lâche. Et si elle manifeste ses doutes, elle pense être une poule mouillée." Une charte signée par six grandes écoles C'est donc aux écoles de veiller à ce que ces pratiques disparaissent. Et effectivement, beaucoup d'entre elles ont pris des mesures contre le bizutage. Toutes les grandes écoles de commerce et d'ingénieurs ont adopté une "Charte de bonnes pratiques sur les comportements à risques et addictions", réglementant notamment la consommation d'alcool. Reste que ces pratiques ont la vie dure, notamment au nom de la tradition, de la transmission des valeurs, de la recherche de cohésion - si chères à certaines grandes écoles françaises.

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