Plutôt que de susciter une "polémique inutile" sur la lettre de Guy Môquet, le gouvernement aurait dû organiser une "grande journée" et un débat consacrés à la Résistance. C'est ce qu'a déclaré Stéphane Le Foll, PS, ce matin. Quelle était donc la manifestation idéale ?
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"Je suis outré par la façon dont les choses ont été instrumentalisées depuis quelques mois: Guy Môquet et sa famille portaient d'autres valeurs de solidarité, de concorde, de patriotisme que ceux qui aujourd'hui prétendent parler en son nom." C'est ce que déclarait ce matin Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots. Et la question est bien là : celle des valeurs incarnées par la lettre du jeune résistant français ou de la légitimité de lectures publiques comme celles organisées aujourd'hui. Les membres du gouvernement, en visite aujourd’hui dans différents établissements afin de lire cette fameuse lettre, ont fait face à bon nombre de réactions frileuses, voir contestataires. Xavier Darcos s’est rendu dans son ancien lycée de Périgueux, en Dordogne. A son arrivée, l'attendait une poignée de militants communistes distribuant un tiré-à-part du journal L'Humanité consacré à Guy Môquet. L'un d'entre eux donnait le ton en arborant une pancarte sur laquelle on pouvait lire : "Darcos-Sarkozy, vos valeurs ne sont pas celles de Guy Môquet". _ Le ministre de l’Education nationale a dit ne pas comprendre cette "polémique". Pour lui si "depuis le début il y a des réticences", il ne faut pas "que l'arbre cache la forêt" : "dans l'immense majorité des cas, cette lettre est lue sans difficulté". Incompréhension également de la part du conseiller à la Culture et à l’Audiovisuel du président de la République. "C'est comme si on avait contesté l'entrée de Jean Moulin au Panthéon ou la décision d'installer le 14 juillet. Bien sûr que la politique fait des incursions dans la mémoire et c'est normal", a expliqué Georges-Marc Benamou. C’est justement cette "incursion" dans la mémoire collective qui interroge. Les enseignants ont vivement critiqué les cérémonies d’aujourd’hui à ce titre. Aussi parce qu’elles intervenaient directement au sein même de l’exercice de leur autorité. Beaucoup voient d'ailleurs dans l'absence du chef du gouvernement des manifestations d'aujourd'hui la preuve d'une opération "ratée". Le Premier ministre François Fillon a seulement exhorté ce matin la jeunesse de France à "ne rien oublier" de la "leçon" de la Résistance.
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