Pour Steve Mandanda, l'OM doit faire preuve d'humilité

par jeudi 19 juillet 2012 10:20
Panoramic

Steve Mandanda, le gardien international français et capitaine de l'OM, fait le point. L'ancien Havrais revient notamment sur le départ de Didier Deschamps, qui a été remplacé par Elie Baup, ou encore sur la déception de l'Euro 2012.

Steve Mandanda, comment avez-vous vécu les départs de Didier Deschamps et Nicolas Dehon ? Vous étiez très proche de ce dernier…
Le football, c’est comme ça. Il y a des départs, des arrivées. Je suis un peu vieux dans le métier et je n’ai pas été surpris. Nicolas Dehon, c’est quelqu’un de très proche. On travaillait bien ensemble, on avait un bon feeling. Il était avec moi au quotidien. Là, je change. J’espère que cela va se passer aussi bien avec Laurent (Spinosi). Il y a un nouveau staff, il faut faire avec. Il faut savoir s’adapter. Lorsqu’un nouveau coach arrive, avec un nouveau staff, l’état d’esprit change inconsciemment. Tout le monde a envie de jouer, les cartes sont redistribuées. Cela peut changer la donne si le joueur se donne à fond pour gagner sa place.
 
Comment se sont passées les retrouvailles avec Laurent Spinosi ?
Cela s’est très bien passé. On a eu une petite discussion, très vite. On a parlé de la manière dont on allait travailler cette saison. On se connaissait déjà bien. On a déjà commencé le travail athlétique et cela s’est passé dans la bonne humeur.
 
Cette saison sera-t-elle plus difficile que les précédentes ?
Franchement, je ne pense pas. On sort d’une saison difficile en championnat, on a terminé à la dixième place. Mais on avait un groupe de qualité. Quand on regarde bien, le groupe ne change pas. C’est vrai que la dernière saison a été compliquée. On aurait pu être plus solidaires à des moments précis, mais on ne l’a pas été… On doit faire preuve d’humilité cette saison. En tirant dans le même sens et avec le même état d’esprit, je suis sûr que ce peut être une bonne saison.
« On se doit d’être ambitieux »
Doit-on parler d’une saison de transition ?
Quand on est à l’OM, on se doit d’être ambitieux. Maintenant on sort d’une saison difficile, on doit faire preuve d’humilité et faire un bon début de saison surtout.
 
Les jeunes peuvent-ils avoir une grande place ?
Pourquoi pas ? On a eu une dernière saison difficile, il faut repartir sur de nouvelles bases. Comme l’a dit le président, il faut faire avec les nouvelles considérations économiques et préparer le terrain pour le nouveau stade. Des jeunes montent et ils ne sont pas mal. Après à nous, les anciens, de savoir les encadrer et les diriger pour que la mayonnaise prenne bien.
 
Elie Baup était un ancien gardien de but. Est-ce une pression supplémentaire pour vous ?
Non. C’est la première fois que je me retrouve avec un coach qui était gardien. On verra.
 
Quels souvenirs gardez-vous de l’Euro ?
Cela a été un peu particulier. On a bien commencé face à l’Angleterre et l’Ukraine. Et puis il y a eu un petit grain de sable contre la Suède, qui a compliqué la fin de la compétition. Après, on est tombé sur la meilleure équipe du monde et on a été éliminés. Pour le reste, je crois qu’il y a des choses qui ont été racontées de manière très exagérée. Ce qui s’est passé dans le vestiaire arrive partout. J’ai connu ça avec l’OM, la saison dernière, comme au Havre.
« Les Bleus ? Je ne pense pas que la hiérarchie des gardiens va changer »
Certains comportements en dehors du terrain sont tout de même critiquables, non ?
Ce n’est pas le premier joueur à avoir fait ça, mais cela a pris beaucoup d’ampleur. Il ne faut pas aussi juger l’équipe sur un seul cas. Il y a des gars de qualité dans le groupe, et je trouve que certaines choses ont pris trop d’ampleur.
 

Que pensez-vous de la nomination de Didier Deschamps à la tête des Bleus ?
Je le connais bien, mais je n’espère qu’une seule chose : une qualification pour le Mondial. C’est le plus important. Il faut aussi que l’on essaye de redorer l’image de l’équipe de France, car c’est dommage que cela se passe comme ça. 
 
La hiérarchie des gardiens peut-elle changer ?
Il faudra poser la question au coach. Mais je ne pense pas.
 
Après le Mondial et l’Euro, n’est-il pas pénible de vivre à chaque fois de tels scénarios avec l’équipe de France ?
Pour le Mondial en 2010, je suis d’accord, c’était inadmissible, on a été impardonnables. Pour l’Euro, je ne suis pas d’accord. Entre les joueurs, il n’y a pas eu de problèmes. Ce sont des choses qui arrivent sur un terrain. Mais avec l’équipe de France, tout est disséqué. Il faut faire attention à tout ce que l’on dit entre nous. S’il y a des fuites, c’est de notre faute, car cela ne devrait pas sortir du vestiaire. Mais il faut aussi que le vestiaire vive.