Pour René Girard, Montpellier doit troquer son smoking contre un bleu de chauffe

par mercredi 8 août 2012 16:40
Panoramic

L'entraîneur de Montpellier a hâte de commencer la saison. Pour René Girard, son équipe devra se méfier de son changement de statut et de la répétition des matchs à partir de septembre.

René Girard, êtes-vous impatient de reprendre ?
Oui, c’est toujours bien de se préparer et toujours bien de se retrouver. Mais à un moment donné, il faut repartir au casse-croûte. Il y a la préparation, l’attente et pour repartir dans le vif du sujet, c’est bien de reprendre.

Quel sentiment a-t-on quand on reprend la saison en tant que champion en titre ? Avez-vous le sentiment d’être au pied de la montagne ?
Désolé de vous contredire : on est au sommet de la montagne. Quand on monte, on manque parfois d’oxygène. Ecoutez, en principe, le danger quand on a vécu une saison comme ça, c’est de savoir s’appuyer dessus. Mais en même temps, il ne faut pas s’endormir. On repart de zéro. Ce qui a changé, et on va s’en rendre compte, c’est qu’on sera attendu partout. On va partir moins tranquille dans ce championnat que les autres saisons, et il faudra être costaud dans les têtes.

Vous repartez avec quelle ambition ?
Si je vous dis qu’on vise le maintien, on va dire : « il vient d’être champion… » Mais le championnat reste essentiel. Il faut prendre les choses le plus sérieusement possible, avec l’ambition de faire du mieux. Mais on se rend compte qu’il y en a d’autres qui ont fait plus que du mieux. Reste à le prouver sur le terrain. Mon souci essentiel aujourd’hui est de remettre tout le monde… Après Auxerre, on avait mis le smoking, même si on ne le met pas souvent dans le Sud, il faut remettre le bleu de chauffe. Même si c’est un redémarrage de saison, il faut se remettre l’esprit à la compétition. C’est le plus important pour moi.

« Globalement satisfait de la préparation »
Ça a été difficile de faire comprendre aux joueurs qu’il faut repartir de zéro ?
Ça n’a pas été difficile, car ça a été le discours de reprise, le discours en permanence, mais ce n’est pas toujours facile de retrouver les ingrédients. Je suis globalement satisfait de la préparation. Mais il y avait des petits détails qui font la différence. Quand on était bien, ça tournait dans un sens. Et quand on n'y était pas, ça tournait dans l’autre. Je parle des cartons rouges, des détails, mais ce n’est que la préparation… Revenir dans le vif du sujet permettra de reparler de choses concrètes avec les garçons. C’est bien de faire le Trophée des Champions, d’aller à New York, c’est sympa, mais ce n’est pas la préparation que j’aurais choisie si j’avais eu à le faire. Il y a le décalage horaire, la chaleur… Ce ne sont pas des excuses, mais ce sont des éléments qui ne sont pas faciles. On tire un trait et on se met au boulot. C’est enthousiasmant d’aller faire le Trophée des Champions à New York. Mais dans la préparation, on n’est pas au mieux, on recherche la forme… Je n’aurais pas choisi une semaine à New York, même si c’est tentant et alléchant…Car on est là pour bosser et se préparer.

Etes-vous satisfait de vos recrues ?
Là, c’est pareil, il faut aller très doucement, ce n’est jamais simple pour des garçons qui changent de clubs. Sur le plan national, ce n’est déjà pas facile, alors quand on vient de l’étranger… Pour Congré et Mounier, ça a été un peu plus facile pour eux. Ils connaissent la Ligue 1. Charbonnier la découvre et la charge de travail qui va avec, c’est un peu plus difficile. Herrera arrive du Chili, il faut leur laisser du temps pour bien s’adapter. Mais sur un plan global, je suis très satisfait de ce qui se passe.

Est-ce que la préparation a changé par rapport à la Ligue des Champions ?
Ce qui a changé, c’est d’abord le Trophée des Champions. Il a fallu se réorienter. J’en ai tenu un petit peu compte. La Champion’s League, il faudra être prêt. On a eu des bobos de reprise pas méchants. Ce que je souhaite c’est d’avoir tout le groupe prêt le plus rapidement possible. Après Toulouse, on  va rentrer dans la normale par rapport aux blessés. Après ça va aller très vite. Puis le 30, on verra qui on va jouer en Ligue des Champions. On aura un calendrier chargé, on aura besoin de tout le monde. Dans le travail… On sait qu’il faudra être plus costaud tout de suite. Les autres années, il fallait commencer rapidement pour faire de bons résultats. Mais là derrière, ça va s’alourdir par la qualité des adversaires et par la répétition des matchs tous les trois jours. Il va falloir peut-être être plus endurant tout de suite par rapport à la répétition.

Avec RG à Montpellier