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La France a procédé à 210 essais nucléaires entre 1960 et 1996

le Vendredi 12 Février 2010 à 16:34
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La France a procédé à 210 tirs depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu'à l'ultime expérimentation de 1996 en Polynésie française.

"Gerboise bleue", premier essai français, a eu lieu le 13 février 1960, à Reggane (Sahara) quand l'Algérie était encore colonie française. A partir de là, la France réalise 17 essais au Sahara (quatre aériens, 13 souterrains). En 1966, le champ de tir est transféré sur les atolls de Mururoa et Fangataufa (Pacifique sud), à 1.200 kilomètres de Tahiti. Du premier tir, le 2 juillet 1966, jusqu'au dernier, 30 ans plus tard, la France conduira 193 essais nucléaires en Polynésie (41 aériens, 137 souterrains, 15 "expériences de sécurité"). Le 8 avril 1992, le président François Mitterrand décrète un moratoire sur les essais. Son successeur Jacques Chirac y met fin en 1995 : six essais sont réalisés entre le 5 septembre 1995 et le 27 janvier 1996. Après un tollé mondial, M. Chirac annonce le 29 janvier que la France signera le traité d'interdiction complète des essais (ratifié par le Parlement le 26 avril 1998). La France met ainsi fin aux expérimentations nucléaires de façon définitive. Le 27 mai dernier, le Conseil des ministres adopte le premier plan d'indemnisation des victimes doté de 10 millions d'euros pour 2009. _ Depuis 2002, 18 propositions de loi en ce sens avaient été déposées en vain par des députés. Quelque 150.000 travailleurs civils et militaires ont participé de 1960 à 1996 aux 210 essais français, sans compter les populations locales. Le ministère de la Défense évalue à "quelques centaines" le nombre de ceux ayant pu développer un cancer suites aux radiations (thyroïde, leucémies). Une liste de 18 maladies doit servir de base aux indemnisations. Le Journal officiel a publié le 6 janvier dernier une loi adoptée le 22 décembre 2009 sur l'indemnisation des victimes. _ Elle sera évaluée par un comité d'indemnisation qui soumettra un avis au ministre de la Défense, à qui il reviendra de prendre la décision finale, motivée. La charge de la preuve est donc renversée. Jusqu'à présent, les associations de victimes devaient mener un long et difficile parcours du combattant, pour prouver, devant les tribunaux, un lien de causalité entre maladie et exposition aux rayons nucléaires.