Supporter corse blessé : Gilles Simeoni doute de la version officielle

par Rédaction de France Info mardi 16 février 2016 10:24
Le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni, invité de France Inter mardi 16 février
Le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni, invité de France Inter mardi 16 février ©Radio France

Au lendemain de nouveaux incidents à Corte (Haute-Corse) entre manifestants et gendarmes, le président du Conseil exécutif de l'île fait part, ce mardi sur France Inter, de ses doutes sur les circonstances dans lesquelles un supporter bastiais a été blessé samedi en marge de Reims-Bastia.

Nouvelle soirée d'incidents à Corte, en Haute-Corse. Lundi soir, 500 manifestants se sont rassemblés devant la gendarmerie, une partie d'entre eux a pris pour cible la caserne à coups de pierres, de planches et de gros pétards, provoquant des dégâts matériels sur la grille d'entrée, les caméras de surveillance et des véhicules stationnés dans l'enceinte. Il n'y a pas eu de blessé. Deux étudiants ont été interpellés par des gendarmes mobiles.  Un rassemblement en soutien au supporter blessé à l'œil, samedi, en marge du match de Ligue 1 Reims-Bastia. Des incidents avaient éclaté entre supporters corses et forces de l'ordre à Reims. Le parquet invoque une "chute" pour expliquer cette blessure à l'œil mais l'entourage de la victime dénonce les conséquences d'un tir de Flash-ball.

"La version officielle ne correspond pas forcément à la réalité"

Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a fait part ce mardi sur France Inter de ses doutes sur les circonstances dans lesquelles le supporter bastiais a été blessé à l'œil : "Au moment où je vous parle, il semble qu'il n'y a pas de certitude, par contre il y a des éléments convergents qui me laissent penser que la version officielle ne correspond pas forcément à la réalité. Et je note, par ailleurs, que la version officielle a évolué, puisque, dans un premier temps, le dimanche, on disait qu'il n'y avait aucun tir de Flash-ball, avant de préciser le lundi qu'il y avait eu effectivement un tir mais que celui-ci avait atteint la victime à l'abdomen et donc qu'il n'était pas à l'origine de la blessure."

Gilles Simeoni émet des doutes sur la version des forces de l'ordre et réclame une enquête impartiale
 

Interrogé sur de possibles accusations que Gilles Simeoni aurait porté à l'encontre des forces de l'ordre, l'élu reste prudent : "J'ai constaté qu'il y avait un certain nombre de témoignages concordants qui faisaient état de brutalités policières et d'injures. Je n'étais pas sur place donc je ne suis pas en mesure de confirmer. J'ai dit simplement qu'en l'état de ce trouble qui est décrit, en l'état aussi de la blessure extrêmement grave subie par un très jeune homme, il fallait une enquête impartiale pour savoir comment les choses se sont passées."

"les dérapages de supporters, c'est regrettable mais il y a eu des efforts"

Gilles Simeoni souligne toutefois les "efforts" fournis par le S.C. Bastia ces dernières années : "Je crois que, globalement, aussi bien le club que la majorité des supporters, y compris ceux qui sont présentés comme des ultras ont fait des efforts ces dernières années. Il continue d'y avoir des dérapages quelques-fois, c'est regrettable, mais on ne peut pas occulter tout le travail de fond qui est fait, et le fait aussi que le Sporting club de Bastia est une formidable vitrine pour l'ensemble de la Corse."

Gilles Simeoni évoque les supporters du S.C. Bastia

Une seconde journée "université morte"

Les syndicats étudiants organisent ce mardi à Corte une nouvelle journée "université morte" pour demander la libération des deux jeunes arrêtés lundi soir par des gendarmes mobiles. L'université a déjà été bloquée lundi en signe de solidarité avec les sept jeunes supporters bastiais interpellés à Reims. Le procès devant le tribunal correctionnel de Reims des supporteurs bastiais a été reporté au 22 mars.

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