Sonia, survivante des attentats de novembre : "Des cicatrices un peu partout et une certaine honte"

par Rédaction de France Info vendredi 12 février 2016 08:57

Elle était attablée au Comptoir Voltaire le vendredi 13 novembre quand un des terroristes a déclenché sa ceinture d’explosifs, à seulement deux mètres d’elle. Trois mois après, Sonia, Parisienne de 22 ans, explique sur France Info comment elle tente de reprendre une vie normale. "J’ai eu un boulon dans l’œil, un dans mon avant-bras, un au niveau de ma tête… J’ai reçu une balle dans le doigt, dans la clavicule et puis des impacts superficiels. J’ai des cicatrices un peu partout". Des traces que la chirurgie a en partie réussi à effacer.
Sonia a repris ses études – un BTS commercial – après avoir été hospitalisée pendant un mois. Six interventions chirurgicales : orthopédie, ophtalmologie, neuro-chirurgie, chirurgie vasculaire, gastro-entérologie. Elle devra, peut-être, encore être opérée de son petit doigt qui ne bouge plus et de son œil gauche qui ne perçoit quasiment plus rien. "C’est horrible à dire mais il y a une certaine honte de montrer mon œil qui coule, d’avoir besoin de me l’essuyer. On est tellement dans une société d’apparence. Ça montre une de mes faiblesses, j’ai peur qu’on me dise que je ne suis pas efficace dans mon travail, ou que je ralentisse les autres."
Les séquelles sont aussi psychologiques. Sonia alterne les phases d’euphorie, où elle souhaite profiter de la vie, et les phases dépressives. "J’ai connu la mort, je sais ce que ça fait. Si au pire elle arrive, je me dis que j’aurais vécu un peu plus. On a à la fois le sentiment de toute puissance et à la fois d’être très très faible."