Sommet UE/Turquie : Jean-Marc Ayrault "convaincu" qu'il y aura un accord

par Rédaction de France Info lundi 7 mars 2016 09:24

Alors qu'un sommet sur la crise des réfugiés réunit lundi à Bruxelles des représentants de l'Union européenne et de la Turquie, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est dit, lundi matin sur France Inter, "convaincu" que les différentes parties parviendront à un accord. "La discussion est en cours, je suis convaincu qu'il y aura un accord, en tout cas il faut tout faire pour".

"Il faut que la Turquie accepte de surveiller ses frontières, elle a besoin d'aide. Frontex [l'agence européenne qui coordonne la surveillance des frontières-NDLR] va se coordonner avec l'Otan, qui va amener des bateaux. La France et la Grande-Bretagne vont également ajouter des bateaux. Il faut aussi lutter contre les passeurs", a expliqué Jean-Marc Ayrault.

Le ministre des Affaires étrangères a estimé également qu'Ankara a besoin d'une aide financière, mais sous certaines conditions : "La Turquie ouvre la possibilité de travailler pour les réfugiés syriens, d'aller à l'école, donc la solidarité doit être indispensable, il faut que des moyens se débloquent. En contrepartie, les règles du jeu doivent être claires. Des réfugiés qui passent la frontière grecque et qui ne relèvent pas du droit d'asile doivent pouvoir être réadmis en Turquie. La négociation est en cours, elle avance bien."

Quant à la dérive autoritaire du pouvoir turc, et notamment la mise sous tutelle du journal Zaman, Jean-Marc Ayrault a assuré que, malgré la nécessité de dialoguer avec Ankara, la France reste vigilante : "Je crois que, en politique et en diplomatie, il faut être réaliste. On parle pour sortir des crises, mais, en même temps on ne ferme pas les yeux. On regarde chapitre par chapitre, et, dans les chapitres fondamentaux pour nous, il y a les droits de l'Homme, la liberté d'expression et la liberté de la presse". "S'agissant de ces questions, l'Union européenne n'a pas manqué de donner son point de vue, nous le rappellerons dans cesse", a conclu le patron du Quai d'Orsay.