"Si Patrick Henry ne s'appelait pas comme ça, il serait déjà sorti depuis longtemps" (son avocate, Me Delaby-Faure)

par Rédaction de France Info jeudi 25 février 2016 10:19

On saura aujourd'hui si la cour d'appel de Paris accepte la demande de libération conditionnelle de Patrick Henry. L'homme qui avait échappé à la peine de mort en 77 grâce à la plaidoirie de Robert Badinter était sorti une première fois de prison en 2001, après 25 ans de détention. Il y était retourné un an plus tard, condamné pour détention de drogue.

Sur France Info, son avocate Me Carine Delaby-Faure explique que cette fois, son client est "prêt à sortir. Il a 62 ans. Il a surtout enfin entamé une très longue psychothérapie qui l'a aidé à comprendre les raisons de son échec, à comprendre son rapport à la loi. C'est un homme qui n'aspire qu'à une chose : vivre sereinement et de manière discrète sa libération".

En janvier, le tribunal d'application des peines de Melun avait accepté la demande de libération de Patrick Henry, mais le parquet a fait appel. Me Delaby-Faure explique cette décision par le parcours de son client : "Patrick Henry porte sur ses épaules le symbole de l'abolition de la peine de mort, c'est un symbole très lourd. Si Patrick Henry ne s'appelait pas comme ça, il serait déjà sorti depuis longtemps".

A propos de l'avenir, d'après l'avocate, Patrick Henry aurait deux projets : "serrer dans ses bras sa maman qui a 93 ans. Il aimerait le faire en homme libre, pas dans un parloir" et "mettre ses compétences en informatique au service d'associations caritatives, comme il l'avait déjà fait en prison".

Si la libération est accordée, elle sera très progressive, précise enfin Me Delay-Faure : " le tribunal d'application des peines a prévu durant trois mois des permissions de sortie, puis une semi-liberté, un pied dans la prison, un pied dehors, pendant six mois, ensuite un bracelet électronique pendant un an et à l'issue de tout cela, le début de sa libération conditionnelle".