Samia Ghali accuse la mairie de Marseille d'abandonner certaines écoles des quartiers Nord de la ville

par Rédaction de France Info mardi 2 février 2016 17:44

Samia Ghali, sénatrice-maire PS des quartiers Nord de Marseille, accuse mardi sur France Info la mairie de Marseille de laisser délibérément à l'abandon certaines écoles de la ville, parlant de conditions réelles d'apartheid. "Ce terme n'est pas du tout exagéré, il est confirmé par des photos qui ont été publiées dans le journal Libération." Ce mardi, le quotidien a publié un reportage de 5 pages sur la vétusté des écoles de Marseille.

"La situation n'est pas nouvelle, poursuit l'élue, j'ai utilisé ce mot pour la première fois en 2001, lors d'un conseil municipal. Les parents, quand ils le peuvent, vont ailleurs, ou dans le privé. On se retrouve avec une véritable ghettoïsation, une situation d'apartheid !"

La mairie, par la voix de son adjointe à l'éducation, Danièle Casanova, dément ses accusations, et parle de "dysfonctionnements dans 5 ou 6 écoles" sur les 444 que compte Marseille. Des chiffres que conteste Samia Ghali : "Sur mon secteur, en 2015, il y a eu 84 demandes de travaux urgents, pour des raisons sanitaires ou de sécurité, dans 46 écoles."

Pour la sénatrice-maire, cet abandon de certaines écoles est l'une des causes de la délinquance dans les quartiers Nord : "Depuis 30 ans, certaines écoles n'ont même pas eu un coup de pinceau. Cela crée chez les enfants un rejet, un mépris de ce que représente l'école de la République à Marseille : quand vous dites à des enfants d'aller à l'école, et que l'école est dans un état lamentable qui donne le dégoût, c'est sûr qu'on se retrouve avec des situations où ces mêmes enfants, à l'adolescence, brûlent l'établissement dans lequel ils sont censés avoir étudié."