Révolution de Jasmin : "Le processus n'est pas terminé" en Tunisie (Leila Bouzid)

par Rédaction de France Info jeudi 14 janvier 2016 11:23

Le 14 janvier 2011, la révolution de Jasmin renversait le dictateur Ben Ali. Pour Leila Bouzid, réalisatrice du film "A peine j'ouvre les yeux", sorti mercredi en Tunisie, "le processus n'est pas terminé". Il y a encore un risque de "revenir en arrière" a-t-elle déclaré sur France Info jeudi matin.

Toutefois, la réalisatrice admet qu'il y a eu de "véritables acquis en matière de liberté d'expression." "Il serait impossible aujourd'hui de faire taire les tunisiens " a-t-elle précisé.

Mais pour Leila Bouzid les mentalités n'ont pas changé aussi vite. " Les derniers mois ont été très durs" pour la jeunesse tunisienne. "C'est un combat car il y a énormément de forces négatives qui tirent vers le passé. Le paysage politique est sclérosé et le renouvellement est assez compliqué. Il y a un bras de fer avec la société civile" a-t-elle ajouté. Elle a tenu, d'ailleurs, à rendre hommage à cette société civile qu'elle trouve "incroyable. Elle est très active. Heureusement qu'elle est là !"

"A peine j'ouvre les yeux" est le premier long-métrage de Lelia Bouzid. Il raconte le combat d'une jeune femme tunisienne, chanteuse de rock, sous l'ère Ben Ali juste avant le début de la révolution de Jasmin. La réalisatrice admet avoir retiré une séquence de nudité d'une seconde "pour ne pas empêcher les gens d'y aller". Le film est sorti mercredi en même temps dans les 24 régions tunisiennes. "On est très heureux car c'est inédit ! " s'est réjouie Lelia Bouzid.