Projet de loi de lutte contre le crime organisé/terrorisme et leur financement": "Pour nous la loi actuelle suffit" (LDH)

par Rédaction de France Info jeudi 3 mars 2016 12:08

"Pour nous la loi actuelle suffit", a réagi ce jeudi matin sur France Info Françoise Dumont, la présidente de la Ligue des droits de l’Homme à propos du projet de loi de lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement que les députés examinent jusqu’à vendredi en première lecture.

Plusieurs mesures ont été votées mercredi comme celle qui assouplit l’utilisation des armes pour les forces de l’ordre. Ils pourront aller au-delà de la légitime défense. Les membres des forces de l’ordre pourront utiliser leurs armes en cas de "périple meurtrier". "Nous ça nous semble dangereux car malheureusement il y a eu un certain nombre de bavures et les policiers peuvent déjà tirer en cas de légitime défense", s’est indignée la présidente de la LDH. "Cela va faciliter le fait que les policiers puissent tirer en dehors d’une absolue nécessité et d’une riposte proportionnée".

Une autre mesure adoptée par les députés inquiète la présidente de la LDH. Celle qui concerne la possibilité de retenir quelqu’un pendant quatre heures après un contrôle d’identité, le temps de vérifier sa situation. L’amendement pour l’intervention d’un avocat a été rejeté. "C’est grave, l’avocat doit être présent quelle que soit la durée. Le risque est que cette loi ouvre une boîte de Pandore. On dit quatre heures aujourd’hui, demain ce sera peut-être six heures, après-demain une journée ! C’est un vrai retour en arrière. Cela me rappelle le vieux débat sur la présence d’un avocat pendant les gardes- à-vue. La France avait été condamnée pour cela", a estimé Françoise Dumont.

Pour la présidente de la LDH, cette réforme pénale a été faite pour installer définitivement l’état d’urgence et elle craint qu’elle ne soit pas suffisante pour empêcher de nouveaux attentats. "Il faut arrêter de faire croire aux citoyens que l’Etat ne dispose d’aucun moyen législatif de lutte contre le terrorisme. On n’a pas arrêté ces dernières années de voter de nouvelles lois qui ont créé des outils très intrusifs. Il faut reconnaître que le risque zéro n’existera jamais", a-t-elle estimé.