Présidentielle au Bénin : Lionel Zinsou, "a une chance mais la compétition est très ouverte" (chercheur)

par Rédaction de France Info dimanche 6 mars 2016 09:01

Pas moins de 33 candidats sont en lice pour le premier tour de l'élection présidentielle au Bénin, qui se déroule ce dimanche, mais, pour le spécialiste de l'Afrique Philippe Hugon, "tout va se jouer entre quelques hommes", parmi lesquels l'actuel Premier ministre Lionel Zinsou : "Celui qui est peut-être le favori est Lionel Zinsou, actuel Premier ministre, qui est un homme de très grand envergure, un économiste et financier."

Une partie de ses adversaires reproche cependant au candidat d'être parachuté : "Il est né en France, est une ancienne plume de Laurent Fabius, une partie de l'opposition lui reproche de ne pas connaitre le pays. Lionel Zinsou, comme il le dit, était noir quand il était en France et quand il est au Bénin, on considère qu'il est blanc. Il a fait carrière essentiellement hors du Bénin, même s'il était conseiller de Thomas Boni Yayi [le président actuel], et Premier ministre quand même depuis un an. Ce que l'on peut dire, c'est que Lionel Zinsou bénéficie d'une très bomme image internationale qui permettrait au Bénin d'avoir beaucoup d'appuis et d'investissements extérieurs."

"Il fait partie des candidats qui ont des chances. Il y a également Abdoulaye Bio Tchané, ou Pascal Iréné, qui sont d'anciens responsables de grandes banques internationales, donc c'est un jeu ouvert" analyse le directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Le Bénin compte actuellement deux-cents partis. "On sait que, depuis plus de vingt ans, c'est un pays qui est sur le chemin de la démocratie : on a le fait que le président Boni Yayi, qui a fait deux mandats, n'a pas fait de coup d'Etat constitutionnel pour viser une nouvelle candidature. Le multipartisme est une bonne chose pour la démocratie, mais trop de partis conduit à disséminer les voix et au fait qu'il n'y a pas, en réalité, d'enjeu sur les programmes. Ceci étant, il vaut mieux trop que pas du tout, le parti unique a aussi beaucoup de défauts" analyse Philippe Hugon.