Perpétuité réelle : "C'est placer le débat au mauvais endroit" (Virginie Bianchi, avocate et ex-directrice de prison)

par Rédaction de France Info vendredi 25 mars 2016 07:43

Le débat sur une "perpétuité réelle" pour les terroristes a été relancé en France après l'arrestation de Salah Abdeslam et les attentats de Bruxelles. Pour Virginie Bianchi, avocate et ancienne directrice de la prison de Clairvaux, "c'est placé le débat au mauvais endroit."

"Je ne suis pas certaine que cela puisse les [les terroristes-NDRL] dissuader. C'est placer le débat au mauvais endroit", a réagi l'avocate vendredi sur France Info. Elle a rappelé qu'"aucune mesure n'est possible pendant la période de sûreté, ni permission de sortie, ni semi-liberté, ni libération conditionnelle. Rien du tout ! Et rien n'est automatique après la période sûreté. Tout doit passer par le magistrat".

"Les modalités de sortie d'une perpétuité avec une période de sortie incompréhensible sont extrêmement compliquées. (…) Quand on est condamné à une perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans, au bout de 30 ans automatiquement la sûreté s'arrête. On peut envisager de demander quelque chose. Lorsqu'on est condamné à une perpétuité avec une période indéfinie, au bout de 30 ans peut être des magistrats vont décider de lever votre période de sureté", a expliqué Virginie Bianchi.

L'ancienne directrice de la prison de Clairvaux a rappelé que la peine à vie concerne en France seulement "quatre personnes" condamnées. "Après qu'on souhaite à titre symbolique que les crimes les plus graves soient punis de ce qu'on a le plus haut dans l'échelle des peines, c'est autre chose", a-t-elle ajouté. Mais pour cela,"il suffit en réalité d'étendre la liste des infractions possibles" sans créer une nouvelle loi.