"On n’exclut pas l’idée d’aller dans la rue" mais "il faut d’abord attendre le rendez-vous" avec El Khomri (Descacq/CFDT)

par Rédaction de France Info jeudi 3 mars 2016 09:44

La secrétaire générale adjointe de la CFDT, Véronique Descacq, a dit ce jeudi sur France Info ne pas exclure une mobilisation dans la rue si le projet de loi El Khomri n’est pas revu. Deux intersyndicales ont lieu ce jeudi pour tenter d’élaborer des contre-propositions à cette réforme du Code du travail. La CFDT participera à la première réunion qui a lieu ce jeudi matin au siège de l’Unsa à Bagnolet.

"Il y a de l’inquiétude chez les salariés et de l’incompréhension chez les militants dans les entreprises. Ils ont le sentiment que c’est difficile de négocier avec le patronat. Il y a une certaine forme d’incrédulité quand on leur dit que c’est une loi qui va renforcer le dialogue social dans les entreprises. Ils se demandent si c’est encore possible de négocier dans notre pays."

Véronique Descacq est revenue sur les points de désaccord avec ce texte. "Ce qui nous fâche, ce n’est pas qu’on renvoit à la négociation d’entreprise la possibilité de mieux organiser car nous on pense que c’est dans les entreprises qu’on est le mieux à même de négocier les contreparties utiles pour les salariés. Ce qui nous fâche c’est que la loi fait mine de le faire. En cas d’accord, dans un certain nombre de cas (astreinte, forfait jour) l’employeur peut faire ce qu’il veut. Il ne sera donc pas incité à négocier. C’est ça qui met en colère la CFDT. C’est notamment ça qu’on veut faire retirer du projet de loi".

Selon la numéro deux de la CFDT, ce texte est "probablement influencé par une espèce de chantage. Notre pays a besoin de réforme et les réformes proposées par le patronat sont libérales. C’est ce qu’on reproche à ce projet de loi : il est trop libéral. La CFDT pense que le statu quo n’est pas possible avec cinq millions de chômeurs… mais il faut des réformes qui sécurisent le parcours des salariés et nous on pense que le dialogue social est la meilleure façon de le faire."

La CFDT a obtenu un rendez-vous avec Myriam El-Khomri lundi. "Il faut réécrire toute la partie sur le temps de travail pour qu’il n’y ait pas de recul par rapport au code du travail actuel et que toutes les modifications du droit actuel puissent se faire par la négociation et par accord majoritaire seulement. Il y a aussi un certain nombre de dispositions sur le licenciement économique qu’on veut revoir pour ne pas fragiliser les salariés et en particulier l’emploi en France. Et puis il y a évidemment le barème prud’homal qui doit être pour nous purement et simplement supprimé."

Cependant, la secrétaire générale adjointe de la CFDT a reconnu qu’il y a de bonnes choses dans ce texte. "La disposition sur le compte personnel d’activité pour lequel nous sommes très favorables parce que c’est une nouvelle façon de sécuriser des parcours des salariés. Ce sera le cas pour les professionnels autonomes comme les travailleurs du numérique. Ça c’est une bonne idée mais il n’y a pas suffisamment de droits attachés à ce dispositif. On pense qu’on peut faire mieux."

Contrairement à ce que dit le gouvernement, pour Véronique Descacq, "il ne s’agit pas seulement d’un manque de pédagogie…Il s’agit, à ce stade, d’une orientation trop libérale du projet de loi. On veut se mobiliser pour plus de sécurisation pour les salariés." C’est la raison pour laquelle la CFDT "n’exclut pas de descendre dans la rue mais il faut d’abord attendre le rendez-vous de lundi".