Fabius défend un bilan bien accueilli, "contrairement à d’autres actions gouvernementales"

par Isabelle Labeyrie mercredi 10 février 2016 11:51
Fabius
Laurent Fabius dans son bureau du Quai d'Orsay © maxPPP

Laurent Fabius a annoncé ce mercredi matin qu'il avait participé à son dernier Conseil des ministres, confirmant ainsi son départ du gouvernement. Un peu plus tôt il avait dressé un bilan très positif de son action au Quai d'Orsay.

Laurent Fabius, qui a annoncé ce mercredi matin qu'il avait participé à son dernier Conseil des ministres, s’est félicité de sa bonne coopération avec François Hollande. Lors d’un petit-déjeuner d’adieu, le ministre des Affaires étrangères l’a assuré : "J’ai extrêmement bien travaillé avec le président de la République".

Laurent Fabius a dressé un bilan très positif de ses trois ans et demi passés au Quai d’Orsay. "L’action de la France a été utile. J’ai donné un tournant à cette maison [le ministère des Affaires étrangères]. Le temps n’est plus où l’on s’occupait seulement de diplomatie stratégique. Il faut être sur toutes les facettes : diplomatie économique, culturelle et touristique… Je suis fier du travail que l’on a fait ensemble. C’est la fin d’un cycle et je me sens en pleine forme !"

Parmi les succès qu’il retiendra, l’accord sur le nucléaire iranien et la COP 21, "dont le travail n’est pas fini". Laurent Fabius gardera d’ailleurs "un bureau" au Quai d’Orsay pour continuer à mettre en œuvre l’accord sur le climat, signé à Paris en décembre 2015. "Ces sujets me passionnent, a-t-il dit, je vois beaucoup de raisons de conserver cette fonction. Il n’y a pas d’incompatibilité", selon lui avec la présidence du Conseil constitutionnel, d’autant que cette tâche "est provisoire".  En novembre, la France passera en effet le relai au Maroc pour l’organisation de la COP22.

Parmi ses échecs, l'Europe et la Syrie

Ses échecs : "La réforme de l’Europe, on a des résultats insuffisants", a-t-il avoué, avant d’émettre des doutes également sur le maintien du Royaume-Uni en Europe. Son regret : "que la position de la France sur certains sujets n’ait pas été suivie" par d’autres pays. En ligne de mire : les Etats-Unis, qui ont refusé de suivre Paris en septembre 2013, lorsque la France était prête à lancer des frappes en Syrie - contre le régime de Bachar al-Assad. Sur la Syrie, le patron du Quai d’Orsay renvoie dans leurs cordes tous ceux qui, dans le camp de la majorité ou de l’opposition, plaident pour un dialogue avec le président syrien.  "Contre la bêtise, les dieux ne peuvent rien", dit-il en citant le poète allemand Friedrich von Schiller.

Un tacle à ses homologues ministres

Enfin, le patron du Quai d’Orsay s’est réjoui de l’image renvoyée par son ministère pendant ces trois ans et demi et en a profité pour lancer une pique à l’encontre du gouvernement : "Je pense que l’opinion publique est plutôt favorable sur notre action gouvernementale. Elle n’est pas rejetée contrairement à d’autres actions gouvernementales…et c’est un euphémisme !"