L'attentat à Grand-Bassam (Côte d'Ivoire) est "un message à la France" (Antoine Glaser/spécialiste de l'Afrique)

par Rédaction de France Info lundi 14 mars 2016 09:40

L'attaque qui a visé dimanche la ville balnéaire de Grand-Bassam, en Côte d'Ivoire, est un "message à la France" a estimé lundi sur France Info le spécialiste de l'Afrique Antoine Glaser. "C'est une vraie provocation de taper à Grand-Bassam, à à peine quarante kilomètres de la base militaire française. C'est un message à la France, de dire 'Vous voyez, Barkhane est en train de nous chasser du nord du Mali, on tape vraiment en plein cœur de la France en Afrique'", a estimé Antoine Glaser.

"La Côte d'Ivoire n'est même pas dans le dispositif de la lutte anti-terroriste française, elle était jusqu'à présent considérée comme la base logistique de l'opération Barkhane, mais absolument pas au cœur du dispositif." 3.000 militaires français sont mobilisés dans la région du Sahel pour le compte de cette opération anti-terroriste Barkhane.

"Attaquer Grand-Bassam, c'est comme si vous attaquiez la Tour Eiffel, c'est vraiment la France en Afrique, l'ancienne capitale historique de la colonisation, la cible idéale pour Aqmi. Le dimanche, à Abidjan, toute la communauté expatriée va sur les plages de Grand-Bassam", a ajouté le spécialiste de l'Afrique.

Antoine Glaser a souligné les conséquences économiques de cet attentat : "La Côte d'Ivoire, c'est 40% du PIB de l'ensemble de la région, là où il y a le plus de business. Pour les grandes entreprises, être obligées d'avoir une sécurité pour les expatriés complique vraiment les appels d'offres, la façon de s'implanter dans ces pays, et c'est ce que cherche Aqmi. Une fois que vous n'avez plus d'expatriés, vous avez un accroissement d'une certaine pauvreté, et donc des zones où vous pouvez commencer à vous substituer à l'Etat, avec des associations de bienfaisance."

Les tirs contre trois hôtels de la cité balnéaire de Grand-Bassam ont fait seize morts, dimanche, dont au moins un Français, d'après les autorités ivoiriennes, qui affirment également que six assaillants ont été tués. L'attentat a été revendiqué dimanche soir par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).