Jungle de Calais : "Les autorités ne sont pas prêtes pour faire une expulsion" (Médecins du monde)

par Rédaction de France Info vendredi 19 février 2016 07:20

La jungle de Calais va être partiellement vidée dès lundi. Mais personne n'est prêt. Huit associations ont écrit à Bernard Cazeneuve pour obtenir un délai. "Les autorités ne sont pas prêtes pour faire une expulsion, on est encore dans des logiques d'improvisation. Cela va se faire aux dépens de la sécurité des réfugiés et nous le contestons", a déclaré, vendredi sur France Info, Jean-Francois Corty, directeur des missions France à Médecins du monde sur la jungle de Calais.

"Il n'y a pas suffisamment d'alternatives pérennes et dignes proposées à ces personnes qui vivent dans des conditions relativement difficiles", pour Jean-Francois Corty. Dans la jungle de Calais, "on a des personnes qui vivent sur un camp qui leur a été imposé". Les migrants se sont donc "organisés dans ce campement. Une vie sociale s'est créée, des écoles se sont montées, des églises, des mosquées, pour pallier aux insuffisances des autorités", a constaté le directeur des missions France à Médecins du monde sur la jungle de Calais.

Des Centres d'accueil et d'orientation (CAO) ont été créés. "Nous les avons suggérés en disant que ce serait des lieux où les gens pourraient se reposer, connaître leurs droits, faire une demande d'asile. Mais ils sont mal organisés. Les autorités ont créé une confusion en proposant aux migrants d'aller dans ces CAO et, en même temps, ils remplissaient les centres de détention administratifs. Donc une peur s'est instaurée, une défiance. Aujourd'hui, personne ne veut y aller parce que le dispositif n'est pas prêt," a déploré Jean-François Corty.