Israël Nisand (gynécologue) : la loi sur la PMA est "d'un autre temps" et "entraîne une très grande inégalité"

par Rédaction de France Info vendredi 18 mars 2016 07:28

Plus de 130 médecins et biologistes signent une tribune dans le journal Le Monde daté du 18 mars dans laquelle ils reconnaissent avoir aidé des homosexuels à avoir des enfants alors que la loi l'interdit. Ils demandent l'assouplissement des lois françaises sur la procréation médicalement assistée (PMA).

Israël Nisand, gynécologue-obstétricien et cosignataire de cette tribune, a dénoncé sur France Info vendredi une loi qui entraîne "une très grande inégalité." "Cela force de plus en plus de couples à se rendre à l'étranger pour obtenir une grossesse. Ça n'aurait pas une très grande importance si cela n'entraînait pas une très grande inégalité. Lorsqu'il y a de l'argent, on peut obtenir des traitements à l'étranger. Les autres non", a regretté le praticien.

Selon le docteur Israël Nisand, le don d'ovocytes est trop restrictif en France : il "ne marche pas en France. La sécurité sociale paye des procédures médicales qui ont lieu à l'étranger qui sont interdites en France. On a un peu l'impression de marche sur la tête".

A l'heure où les femmes désirent des enfants plus tardivement, les cosignataires de la tribune demandent la possibilité pour elles de conserver leurs ovocytes : "Comment se fait-il qu'il y a une telle inégalité entre les hommes et les femmes ? On fait un véritable chantage aux femmes. Si vous souhaitez conserver [vos ovocytes-NDRL] et bien donnez à autrui." Alors qu'un homme peut conserver son sperme dans un laboratoire.

Israël Nisand pointe aussi l'impossibilité d'analyser génétiquement l'embryon avant son implantation dans un utérus : "On a le droit d'analyser la trisomie 21 sur le foetus mais pas sur l'embryon. Là aussi, on a l'impression de marcher sur la tête. C'est une loi d'un autre temps", a-t-il lancé. Selon lui, "le fossé s'est ouvert entre l'opinion publique, ce que souhaitent les Français et ce qu'autorise la loi de la France. Il faut redonner la parole aux Français sur ces questions."