Germanwings : "la levée du secret [médical] peut améliorer les choses mais n'est pas suffisante" (médecin aéronautique)

par Rédaction de France Info lundi 14 mars 2016 10:13

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a préconisé dimanche dans un rapport sur le crash de la Germanwings la levée du secret médical en cas de troubles psychologiques des pilotes. Alain Martin Saint-Laurent, ancien médecin-chef du centre d'expertise des navigants de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), a estimé sur France Info lundi que cette recommandation est "une amélioration par rapport à ce qui se faisait avant. A partir du moment où il y a la mise en danger du personnel et de la collectivité, des passagers, il est tout à fait normal qu'on puisse avoir une levée possible du secret médical, du secret professionnel."

L'enquête a révélé que le pilote Andreas Lubitz, qui a précipité son appareil dans les Alpes françaises, avait été traité pour des troubles psychiatriques. Selon Alain Martin Saint-Laurent, "la levée du secret peut améliorer les choses mais n'est pas suffisante. Elle n'explique pas tout ce qui s'est passé à la Germanwings. C'est clair que, dans la filière de médecine aéronautique qui suivait ce pilote, il y a eu des défaillances à un moment donné".

Alain Martin Saint-Laurent a estimé que l'affaire du vol de la Germanwings va modifier les comportements des médecins dans l'aviation civile. "On ne peut pas rester indifférents après ce qui s'est passé. On va tout de suite améliorer le contrôle psychologique et l'analyse des antécédents psychiatriques des candidats. Un candidat comme Andreas (Lubitz) qui aurait un antécédent psychiatrique lourd, je pense aujourd'hui que le médecin hésitera à lui donner son aptitude", a-t-il ajouté.