Esclavage économique ou domestique: la partie "invisible" de la traite des êtres humains

par Rédaction de France Info jeudi 10 mars 2016 16:17

Alors que la France est accusée de ne pas suffisamment lutter contre la traite d'êtres humains, la vice-présidente du Comité contre l'esclavage moderne a détaillé jeudi sur France Info les différentes formes que peut prendre cette exploitation.

A l'esclavage sexuel, répandu et visible, explique Sylvie O'Dy, s'ajoutent d'autres types d'esclavages économiques "invisibles": "l'esclavage domestique, le travail sur les chantiers de construction, dans les ateliers clandestins, dans l'artisanat, les services, le monde agricole".

A l'origine de cette exploitation, il y a toujours "une fausse promesse", souligne-t-elle. Comme dans le cas de cette petite fille de dix ans recrutée dans un pays étranger. "On promet à ses parents qu'elle ira à l'école. La petite fille se retrouve finalement enfermée dans un appartement à faire le ménage, la lessive à la main, la cuisine. Elle ne sort pas, souvent elle dort par terre".

Autre exemple mis en avant par Sylvie O'Dy, celui d'un homme de 35 ans qui s'est vu promettre en France un travail dans un bureau et un salaire. "Il se retrouve sur un chantier à dormir sur des gravats, il n'a pas le droit de sortir et est nourri une fois par jour".

Le Comité contre l'esclavage moderne a accompagné plus de 200 procès depuis 1998 mais la légèreté des peines prononcées l'a conduit deux fois à saisir la Cour européenne des droits de l'homme.
La France s'est dotée en 2013 d'une loi contre l'esclavage forcé et la servitude.