Déchéance de nationalité : nous voulons "revenir à l'engagement" de Hollande à Versailles" (Retailleau/LR)

par Rédaction de France Info mercredi 10 février 2016 07:38

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, a affirmé ce mercredi matin sur France Info que les sénateurs de droite souhaitent "réécrire le texte pour revenir à l'engagement du président de la République tel qu'il l'a exprimé à Versailles après les attentats du 13 novembre."

"Il avait dit 'On va faire une réforme de la Constitution avec la constitutionnalisation de l'état d'urgence et la déchéance de nationalité pour les Français nés français'. Nous voulons cet engagement, tout cet engagement, rien que cet engagement, tout simplement parce qu'en France, on ne peut pas faire d'apatride, ça veut dire que, nécessairement, la réforme ne concerne que les binationaux. Or, il y a eu une telle zizanie à gauche que, après plusieurs moutures, le texte nous revient, il est mauvais parce qu'il n'est pas clair, il ne résout rien du tout", a déploré Bruno Retailleau.

Interrogé sur un possible blocage du texte, qui doit être identique pour être validé par les deux Chambres en Congrès, Bruno Retailleau est resté flou : "Comme à l'Assemblée nationale, plus ça va, plus le texte évolue et est dégradé, moins les sénateurs ont envie de le soutenir. Je pense que j'aurai un groupe qui sera majoritairement uni derrière une réécriture du texte de façon lisible, dans le bon sens."

"Hier, mon groupe a voté au Sénat la reconduction de l'état d'urgence à l'unanimité, on ne ménage pas notre soutien au gouvernement dès qu'il faut protéger les Français. Mais on ne réécrit pas la constitution pour faire passer des motions de synthèse du PS. Aujourd'hui, la mouture que l'on a ne règle rien. Il s'agit d'une mesure largement symbolique, or, un symbole, il faut que ce soit clair", a ajouté le président du groupe Les Républicains au Sénat.

Quant aux possibles divisions engendrées par le débat sur la déchéance de nationalité, Bruno Retailleau s'est voulu optimiste : "On est moins divisés que la gauche, dans la mesure où, finalement, la quasi-totalité des députés et sénateurs est finalement pour la déchéance, là où il peut y avoir des différences, c'est que certain estiment qu'il faut la constitutionnaliser, d'autres non."

Les députés ont voté mardi soir l'article 2 du projet de loi qui qui inscrit dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les condamnés pour terrorisme, sans référence au binationaux. Le texte passera au Sénat le mois prochain.