Conférence santé : le président de l'Ordre des médecins veut "un vrai processus de réforme"

par Rédaction de France Info jeudi 11 février 2016 10:31

Le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l'Ordre des Médecins, a demandé jeudi sur France Info "un vrai processus de réforme du système de santé", alors que se tient une grande conférence de santé organisée sous l'égide de la ministre Marisol Touraine : "Ce que nous voulons entendre, c'est que nous allons enfin entamer un vrai processus de réforme du système de santé, qui tienne compte de l'avis des médecins. C'est l'élément fort et fondamental de notre présence [à cette conférence]."

Le médecin a rappelé que 96% des praticiens consultés par l'Ordre ont dit être "en désaccord avec la gouvernance". "On se rend bien compte que la réconciliation va d'abord demander la reprise de confiance, du dialogue. Souhaitons que, dans les éléments à venir de la grande conférence et dans le discours du nouveau gouvernement, il y aura le moyen de restaurer cette confiance."

Le Conseil de l'ordre demande, entre autres, que le numerus clausus soit adapté aux besoins de chaque région, ainsi que des mesures pour inciter les jeunes médecins à s'installer dans les zones rurales.

Revenant sur le conflit entre le gouvernement et les médecins libéraux, qui boycottent la conférence, Patrick Bouet a appelé à "valoriser la médecine libérale". "Il n'y aura pas d'accès aux soins dans les territoires. Il faut booster la médecine libérale, c'est indispensable, il faut regarder précisément les conditions dans lesquelles s'exerce la médecine libérale. Les médecins, aujourd'hui ,veulent faire du soin, pas autre chose, et d'ailleurs la société les forme pour faire du soin."

Le gouvernement organise à Paris toute la journée de jeudi une conférence à laquelle participent 300 à 400 représentants du monde médical. Le rendez-vous est boycotté par la majorité des syndicats de médecins libéraux, mécontents de la loi santé élaborée par Marisol Touraine qui comprend notamment la généralisation du tiers-payant, qui induit, selon eux, trop de tâches administratives.