Brexit : "Je me demande si ce n’est pas une chance pour l’Europe" (Chalmin, économiste)

par Rédaction de France Info jeudi 18 février 2016 15:13

Alors que se tient un sommet à Bruxelles pour trouver un accord pour un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, l’économiste Philippe Chalmin s’est demandé, jeudi sur France Info, "si ce n'est pas une chance pour l'Europe" ce Brexit. Ce professeur d’histoire économique à l’Université Paris-Dauphine s’est interrogé sur ce que "le Royaume-Uni a apporté à l’Europe, si ce n’est un grignotage de son projet, un libéralisme exacerbé, une Europe des normes, des règles, des règlementations, qui a enlevé finalement toute dynamique au projet européen et qui fait que celui-ci est tombé en panne."

Pour l’ancien membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre, "le rêve européen, pour les Britanniques, c’est de reconstituer simplement une zone de libre-échange." "Le réalisme me pousse à penser que s’ils sortent, ce sera mieux pour nous tous", a conclu ce "partisan de l’Europe." "Je me demande si nous pouvons faire progresser l’Europe encore comme nous devrions le faire avec les Anglais à bord et je me demande s’il ne vaudrait pas mieux que le Brexit ait lieu une fois pour toute plutôt que de nous écraser, nous rouler par terre en détricotant le peu d’Europe qu’il nous reste", a estimé Philippe Chalmin.

Pour l’économiste, les Britanniques sont toujours au sein de l’Europe à cause de "la faiblesse d’un certain nombre de dirigeants", ajoutant qu’il y a "toujours eu un tropisme favorable au Royaume-Uni venant d’Allemagne pour essayer de rééquilibrer l’axe Paris-Berlin qui a été l’axe historique de la construction européenne." "C’est aussi peut-être pour essayer de maintenir les liens historiques que le Royaume-Uni entretient avec les pays d’Europe centrale et orientale", a-t-il avancé.

Philippe Chalmin a ensuite préconisé la fermeté envers le Premier ministre britannique David Cameron pour éviter d’ouvrir "la boîte de Pandore", "parce que ce que l’on va consentir aux Britanniques, il va falloir l’autoriser demain à tous les pays du pacte de Visegrad [Pologne, Hongrie, République Tchèque et Slovaquie].