"Boues rouges" : le directeur des opérations d'Altéo dénonce "des amalgames"

par Rédaction de France Info samedi 30 janvier 2016 11:34

Le directeur des opérations du groupe Altéo, Eric Duchenne, est revenu sur France Info sur la manifestation organisée ce samedi contre les rejets de résidus de l'usine dans les calanques marseillaises : "Je pense qu'il y a un amalgame constant entre le rejet actuel et le rejet historique, nous le regrettons. Contrairement à ce que disent nos détracteurs, l'autorisation accordée par le préfet ne prévoit absolument pas le rejet de boues rouges en mer, nous n'en rejetons plus depuis le premier janvier, l'usine a tourné définitivement la page des boues rouges en mer."
"Nous avons mis en place un nouveau procédé de fabrication qui permet d'éliminer 99% des métaux dissous. C'est un progrès environnemental majeur", ajoute Eric Duchenne.
Réagissant à un rapport de l'Anses (Agence chargée de la sécurité sanitaire) qui révélait en décembre que les poissons de la zone sont directement contaminés par métaux lourds, le directeur des opérations d'Altéo souligne que "c'est une étude statistique, pas de toxicité, elle concerne par ailleurs toute la zone, qui est également sous influence des rejets provenant de la rade de Toulon et de Marseille. Cette étude a eu lieu en juillet, depuis nous ne rejetons plus de boues rouges. Le lendemain de la remise de ce rapport, le 21 décembre, le CSPRT, le conseil supérieur de prévention des risques technologiques, a rendu en toute connaissance de cause un avis favorable aux rejets des résidus de l'usine."
Alain Matési, président de l’association écologiste Collectif-environnement, dénonce lui une "manipulation" par Altéo : "Je suis moi-même spécialisé dans le traitement des eaux usées, l'usine a mis en place un prétraitement, elle n'a fait que séparer le solide du liquide, et quand elle rejette le liquide, elle rejette la pollution avec."
Fin décembre, la préfecture des Bouches-du-Rhône a autorisé Altéo à continuer le rejet de ses eaux usées dans les calanques pendant six ans. Les opposants à cette décision se rassemblent ce samedi à 14h devant la préfecture, à Marseille.