Avocate des vétérans des essais nucléaires de Polynésie : "Le ministère de la Défense continue de nier les conséquences"

par Rédaction de France Info lundi 22 février 2016 13:19

Cécile Labrunie, l'avocate de l'association des Vétérans des Essais Nucléaires qui regroupe des personnels civils ou militaires qui ont participé aux programmes d'essais nucléaires français sur les sites du Sahara et de Polynésie française entre février 1960 et janvier 1996 a réagi à la visite de Francois Hollande en Polynésie Française où la question des essais nucléaires pratiqués par la France a été abordée par le président. Vingt ans après la fin des essais, les conséquences sont dramatiques : 500 nouveaux cas de cancer sont déclarés chaque année.
Une loi a pourtant été votée en 2010 censée faciliter la reconnaissance et l'indemnisation des victimes. Mais selon l'avocate "les personnes concernées qui ont un cancer voire plusieurs cancers se voient quasi systématiquement refuser leurs dossiers. Seuls 2% des demandes ont été acceptées soit une vingtaine de cas sur mille"
Cécile Labrunie explique que le "ministère de la Défense continue de nier les conséquences en invoquant l'existence d'un risque négligeable, or comment ce risque peut il etre négligeable quand ces personnes n'ont été ni informées du risque ni protégées, et n'ont bénéficié de quasiment aucune surveillance médicale spécifique. Des précautions dérisoires ont été prises, on leur disait juste de s'éloigner de quelques dizaines de kilomètres et de se protéger avec leurs mains pour ne pas voir le flash de l'explosion".
L'avocate de l'association AVEN ajoute que beaucoup de victimes "attendent des excuses du gouvernement"