Assaut de Saint-Denis : des dysfonctionnements "vraisemblablement" dissimulés, selon Mediapart

par Rédaction de France Info mardi 2 février 2016 10:39, mis à jour le mardi 2 février 2016 à 13h31
Des policiers mobilisés lors de l\\\'assaut contre les terroristes présumés le 18 novembre 2015 à Saint-Denis
Des policiers mobilisés lors de l'assaut contre les terroristes présumés le 18 novembre 2015 à Saint-Denis © MaxPPP

L'assaut qui a permis de neutraliser certains terroristes le 18 novembre dernier à Saint-Denis a été mal géré par le Raid. Les terroristes ont tiré onze balles, les policiers d'élite 1.500. Et parfois sur leurs hommes.

Mathieu Suc, journaliste chez Mediapart, a estimé mardi sur France Info qu’il y a "vraisemblablement" eu une volonté de cacher la réalité de l’assaut contre l’appartement de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) le 18 novembre, quelques jours après les attentats à Paris.

Le site d’information a révélé dimanche qu’il y aurait eu des dysfonctionnements lors de l’assaut qui a duré plusieurs heures. "L’opération a été mal menée, a assuré le journaliste, et aurait pu s’avérer dangereuse aussi bien pour les riverains que pour les hommes du RAID"  Selon le site, la police scientifique a constaté, après analyse balistique, que les terroristes ont tiré 11 fois, les forces de l’ordre plus de 1.500 fois. "Sur la face arrière des boucliers des hommes du RAID, a expliqué Mathieu Suc, il y avait une quarantaine d’impacts de balles. Ce sont donc des hommes à l’arrière des colonnes d’assaut qui tiraient devant eux et qui ont touché les boucliers. Egalement un homme a été touché d’une balle dans le dos."

Des boucliers limés pour empêcher les constatations 

Le journaliste a également précisé que "dans le PV de constatation des équipements des forces d'assaut, il est indiqué que les policiers du RAID ont expliqué avoir limé leur bouclier pour éviter que les gens se blessent", ce qui empêche de constater les impacts de balles et le type d’arme utilisé.

Mathieu Suc s’est toutefois défendu de faire le procès de la stratégie de l’assaut, souhaitant simplement constater que face à une nouvelle forme de menace terroriste, où des hommes sont équipés d’engins explosifs, "les policiers doivent changer leur stratégie et intégrer l’aspect stress, ils sont faillibles et restent des hommes et des femmes."

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