Affaire Kerviel : l’avocat de la Société générale demande à entendre l’enregistrement clandestin

par Rédaction de France Info mercredi 20 janvier 2016 07:58

Jean Veil : "J’aimerais bien qu’on me donne la bande, personne ne l’a entendue"

Le mercredi 20 janvier 2016

Me Jean Veil, avocat de la Société Générale, est revenu mercredi matin sur France Info sur l’enregistrement clandestin qui mettrait en cause l’attitude de la banque dans l’affaire qui l’oppose à l'ancien trader Jérôme Kerviel. "J’aimerais bien qu’on me donne la bande : personne ne l’a entendue", a-t-il commenté.

"J’aimerais bien qu’on me donne la bande : personne ne l’a entendue, mais quand on lit les extraits on se rend compte que la magistrate [Chantal de Leiris, NDLR] ne dit pas qu’elle savait, elle dit 'les gens savaient...', 'les gens disaient dans Paris...' S’exprimer sur le ton indirect, c’est s’exprimer sur le ton de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme…", a réagi Me Jean Veil, avocat de la Société Générale, mercredi matin sur France Info. Il s'exprimait sur l’enregistrement clandestin qui mettrait en cause l’attitude de la banque dans l’affaire qui l’oppose à l'ancien trader Jérôme Kerviel.

L’avocat précise que Chantal de Leiris "n’a pas suivi l’instruction puisqu’elle est intervenue dans le dossier à partir de 2011 [l’instruction a commencé en 2008, NDLR], mais à partir du moment où la Cour d’appel est intervenue." Il ajoute que la Société Générale ne portera pas plainte puisqu’elle "n’est que victime indirecte dans cette affaire." Une enquête de police est par ailleurs ouverte, après une plainte de la magistrate dont les propos ont été diffusés.

Réexamen la demande de dédommagement de la banque

Dimanche, le site Mediapart et le journal 20 minutes ont révélé un enregistrement clandestin, dans lequel la magistrate Chantal de Leiris fait part de ses doutes quant à l’attitude de la Société Générale dans le dossier Kerviel. Elle y affirme qu’il "est évident" que la banque connaissait les agissements de son ancien trader.

Lundi, la Cour de révision a examiné la demande de Jérôme Kerviel (pas de décision avant le 21 mars). L’affaire revient dans l’actualité ce mercredi : la cour d’appel de Versailles réexamine la demande de dédommagement de la banque. En mars 2014, la Cour de cassation a annulé les 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts que Jérôme Kerviel était censé verser à la Société Générale.