Affaire Cahuzac : "On est loin de la transparence promise par l’exécutif" (Charles-Amédée de Courson, député UDI)

par Rédaction de France Info lundi 8 février 2016 21:47

Charles-Amédée de Courson, député UDI de la Marne, a regretté lundi sur France Info que "la République française ne progresse qu'à coup de scandales."

L’ancien président de la commission d’enquête parlementaire chargée de l’affaire Cahuzac a fait le point sur la transparence des déclarations de patrimoine des députés, trois ans après le scandale impliquant le ministre du Budget, poursuivi pour fraude fiscale et blanchiment pour avoir omis de déclarer un compte en Suisse, et dont la suite du procès sera déterminée ce mercredi.

Dans la foulée du scandale, une loi sur la transparence de la vie publique avait été votée, un texte "très imparfait" pour Charles-Amédée de Courson. "Trois ans après on est loin de la transparence promise par l’exécutif, mais on a progressé dans certains domaines", a-t-il concédé. Parmi les nouveautés de cette loi, la création d’une haute autorité de la transparence, mais le député a précisé qu’elle ne publie pas les déclarations, les patrimoines n’étant "consultables qu’en préfecture du lieu où le parlementaire est élu" ajoutant qu’il y a "interdiction de prendre des notes, de photographier et de publier quoique ce soit".

"Cette classe politique donne le sentiment qu’elle a beaucoup à cacher", a observé Charles-Amédée de Courson. Selon lui, certains de ses collègues "estiment que c’est une atteinte à leur vie privée", et que "c’est une attitude culturelle de la classe politique française à l’égard de l’argent", dont il ne faut pas parler, qu’il faut cacher. "C’est pire que tout", a déploré le député UDI, car selon lui "l’immense majorité des parlementaires sont des gens intègres et honnêtes."

Il a estimé également qu’il fallait aller plus loin dans la transparence avec notamment "l’interdiction pour les parlementaires d'exercer toute activité professionnelle privée, sauf celles autorisées par une commission indépendante de déontologie", afin d’éviter des conflits d’intérêts.

Charles-Amédée de Courson souhaite également qu’en cas d’utilisation de l’indemnité représentative des frais de mandat "à des fins non professionnelles", les parlementaires devraient "la rembourser au budget de l’Assemblée nationale."