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Règlements de comptes à Marseille : comment stopper la surenchère ?

le Jeudi 30 Août 2012 à 11:27 mis à jour à 15:00
Par Caroline Caldier

Ce nouveau règlement de compte à Marseille –le deuxième en moins d'une semaine- provoque la colère de la maire et sénatrice socialiste Samia Ghali. Parmi les solutions d'urgence qu'elle envisage : l'envoi de l'armée en renfort de la police. Une idée qui n'est pas nouvelle, mais qui est loin de faire l'unanimité. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls y est déjà farouchement opposé, tandis que Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, dénonce des "propos irresponsables".

"La vérité, c'est qu'aujourd'hui le premier employeur des jeunes dans certaines cités, c'est le trafic de stupéfiants. Si rien ne bouge, on se dirige tout droit vers un système à l'américaine avec des gangs qui se font la guerre sur des territoires où la loi n'a plus court", analyse la maire des 15e et 16 e arrondissements de Marseille au lendemain de ce nouveau meurtre. Sa piste : envoyer l'armée en renfort des policiers sur le terrain. "Ce ne sont pas des pistolets à eau mais des armes de guerre qui sont utilisées", s'indigne Samia Ghali. Aux grands maux, la sénatrice socialiste en appelle les grands remèdes.

Dès sa nomination au poste de ministre de l'Intérieur en mai dernier, Manuel Valls s'était rendu à Marseille. Son objectif : rassurer les forces de l'ordre. "Marseille ne mérite pas que l'on parle uniquement de délinquance. C'est une ville qui a besoin d'un nouveau contrat avec l'Etat." "Je ne ferais pas d'annonce chiffrée, mais je suis à l'écoute. Nous souhaitons remettre davantage de policiers sur le terrain", s'était-il contenté d'avancer.

"Il n'y a pas d'ennemi intérieur à Marseille" (Manuel Valls)

Le "coup de gueule" de Samia Ghali a été accueilli par une fin de non recevoir du ministre. "Il est hors de question que l'armée puisse répondre à ces drames et à ces crimes", a assuré devant la presse Manuel Valls, qui prône "une réponse globale, en profondeur et particulièrement forte" à la criminalité. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a d'ailleurs de son côté convoqué un comité interministériel sur la question le 6 septembre. De son côté, le sénateur-maire de la ville Jean-Claude Gaudin (UMP) estime ce jeudi que la ville a "besoin de renfort de police, pas d'appel à la guerre civile".

"Les propos irresponsables de la sénatrice Samia Ghali, par ailleurs maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, montrent une approche irréaliste de cette problématique et des réalités sociologiques des cités" (Jean-Claude Gaudin, dans un communiqué diffusé ce jeudi)

Les émeutes de 2005 : la fin d'un tabou

Après les violences qui secouent en 2005 les banlieues françaises, et l'adoption en 2008 du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, l'idée d'un engagement des forces terrestres en banlieue n'est plus un tabou. A gauche comme à droite, des édiles débordés par les violences urbaines en appellent aux militaires, comme en juin 2011 à Sevran. Pourtant depuis, personne n'ose encore franchir le pas. "Dans un État démocratique, c'est à la police républicaine, sous le contrôle de la justice, de rétablir la sécurité", avait d'ailleurs rappelé le ministre de l'Intérieur de l'époque Claude Guéant, en visite à Sevran après les émeutes. 

Et du côté de l'armée, l'idée ne soulève pas l'enthousiasme. Dans son livre Opérations banlieues, Hacène Belmessous interroge des officiers sur d'éventuelles missions dans les banlieues difficiles. S'ils se disent loyaux envers le chef de l'État, selon l'auteur nombre d'entre eux récusent ce "scénario de l'inacceptable". Appeler des militaires en banlieues reviendrait à déclarer qu'elles sont en guerre. Quant aux gendarmes, ils contestent ouvertement leur rapprochement avec la police, tandis que nombre de policiers, aujourd'hui en première ligne, récusent la militarisation croissante de leur action.

"Ce ne sont pas des pistolets à eau mais des armes de guerre", la sénatrice socialiste Samia Ghali  
 

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Du côté des policiers la solution du renfort de l'armée est accueillie très fraîchement   
Alphonse Giovannini du syndicat SGP police à Marseille

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Par Caroline Caldier
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Bernard (anonyme),
@ beaudolo : nous sommes de fait en état de guerre civile. Quand des émeutiers tirent sur la police avec des armes à feu, quand on découvre régulièrement des caches d'armes de guerre, quand certains prêchent ouvertement la guerre de religion avec le but avoué d'imposer leurs vues à la France, nous ne sommes plus en situation de contestation, mais en état de guerre officiellement proclamée contre nos institutions et nos valeurs. Dans cette situation, l'armée sera le dernier garant de notre laicité. Voyez l'exemple de la Turquie, même s'il n'est pas parfait.
Avatar de anonyme
dans une démocratie c'est à la police de protéger les citoyens! Mais quand des gamins ce promène en toute impunité avec des kalasnikovs est-on encore en démocratie! ou est ce bientot comme au liban avec des milices dans les quartiers.
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beaudolo (anonyme),
le rôle de l'armée n'est pas de guarantir la sécurité intérieure des français, cela est du ressort de ceux qui sont payés pour cela. l'armée peut intervenir, en interne france, lorsque la démocratie est en danger, ce qui n'est pas le cas. le problème se situe, sans doute, au niveau de l'efficacité des interventions mais également au niveau du coût. les militaires peuvent intervenir 24H/24 et 7jours/7 sans récupé et surtout sans heure sup (ils ne sont pas syndiqués). en outre ils sont commandés, ce qui n'est pas le cas de la police où on se demande qui commande réellement les policiers, syndicas ou commandenent de la police,
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Carabas (anonyme),
Mais pourquoi la stopper ? C'est juste l'expression d'un capitalisme libéral sauvage : tout est bon pour gagner de l'argent. Une régulation saine et totalement naturelle du marché.
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