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Fuite de gaz à Rouen : le temps des polémiques

le Mercredi 23 Janvier 2013 à 10:24 mis à jour à 12:25
Par Yann Bertrand

Plus de deux jours après l'incident survenu à l'usine Lubrizol de Rouen, la fuite de gaz mercaptan n'est toujours pas colmatée. Les autorités s'efforcent de rassurer la population, mais la gestion de l'événement a connu quelques ratés.

  • Que s'est-il passé à l'usine Lubrizol ?

Lundi matin, 8 heures. Les équipes de l'usine Lubrizol de Rouen, spécialisée dans les additifs pour lubrifiants, détectent une "instabilité" chimique dans l'une de ses cuves. On ne sait pas encore clairement ce qui s'est réellement passé ; on évoque une surchauffe dans l'une des cuves de l'usine. Au ministère de l'Ecologie, on parle cependant d' "une négligence ou une faute". Conséquence immédiate, une quantité importante de mercaptan, un gaz utilisé pour donner une odeur au gaz de ville, se dégage dans l'air. Le nuage, et surtout l'odeur nauséabonde, atteindra la région parisienne dans la nuit de lundi à mardi, provoquant une certaine panique chez beaucoup d'habitants. L'odeur sera même ressentie jusque dans le sud de l'Angleterre.

>>> A relire : le fil des événements


  • Le gaz est-il dangereux ?

Le mercaptan n'est pas un gaz toxique lorsqu'il circule dans l'air,  à de si faibles taux de concentration. Il peut cependant, et de nombreux témoignages vont dans ce sens, provoquer des nausées ou maux de tête.

L'une de ses formes chimiques, le methan-ethiol, est beaucoup plus dangereuse et nocive : lorsqu'elle est concentrée, elle peut provoquer des vomissements, des affections respiratoires sévères et des saignements. Les autorités n'ont toujours pas précisé quel type de mercaptan s'échappe depuis 48 heures de l'usine Lubrizol.

  • Les procédures ont-elles été respectées ?

C'est l'une des critiques les plus sévères. L'usine Lubrizol de Rouen fait partie des usines dites Seveso "seuil haut", les plus surveillées (670 sites en France). Elles sont en principe rigoureusement contrôlées, notamment par des capteurs qui signalent immédiatement tout dysfonctionnement. L'incident est ensuite rapporté à un comité de liaison, d'information et de concertation. C'est là que le bât blesse pour Lubrizol : certains membres de cette instance n'étaient pas au courant d'un incident lundi.

La procédure d'information du public n'a pas été au niveau, selon Maryse Arditi, de France Nature Environnement  (00:00:44)
 

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Ensuite, la préfecture de Seine-Maritime a attendu que l'odeur se fasse sentir à Paris mardi pour déclencher son plan particulier d'intervention (PPI), l'un des niveaux d'information et de prévention prévus dans des cas comme celui-ci. Une cellule d'information, toujours en place mercredi, a ensuite été mise en place, au 02 32 76 55 66.

Un protocole très précis : les explications d'Anne-Laure Barral  (00:00:54)
 

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  • La communication a-t-elle été maîtrisée ?

Chaotique, c'est le mot qui revient le plus souvent pour qualifier la communication de crise mise en place par les pouvoirs publics.

Les autorités, comme la préfecture de Seine-maritime, ont d'abord minimisé l'incident survenu à l'usine Lubrizol. Puis le ministère de l'Intérieur a pris le relais pour insister sur la non-toxicité du gaz mercaptan.

Au fil de la journée de mardi, les conséquences de la fuite de gaz ont pourtant singulièrement grandi. La préfecture a carrément évoqué des mesures éventuelles de confinement de la population, faisant même annuler le match de football des 16e de finale de la Coupe de France entre le FC Rouen et l'Olympique de Marseille qui devait se dérouler le soir-même.

"On se plie à la volonté publique" : Thierry Granturco, président du FC Rouen  (00:00:39)
 

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Enfin, la ministre de l'Ecologie Delphine Batho est arrivée sur la zone dans la soirée de mardi, quittant précipitamment les célébrations à Berlin du cinquantenaire du Traité de l'Elysée entre la France et l'Allemagne.

Une communication mal maîtrisée : les précisions de Yann Gallic  (00:01:05)
 

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  • La situation est-elle désormais sous contrôle ?

La ministre insiste : le mercaptan n'est pas dangereux pour la santé. C'est le principal axe de communication.

Les opérations de neutralisation ont commencé mercredi à 1h du matin, avec quelques heures de retard en raison de la sécurisation du site. Le procédé utilisé est "expérimental" : il s'agit, pour faire simple, d'immerger les 36 tonnes de mélange instable avec de la soude et de l'eau de Javel. Mercredi matin, les opérations se déroulaient apparemment de façon satisfaisante, "il n'y a plus de mercaptan autour de l'usine" affirmait Pierre-Henry Maccioni, le préfet de Haute-Normandie. L'opération prendra "un certain temps" confirme la ministre de l'Ecologie, sans que l'on sache exactement le nombre de jours.

Une enquête administrative doit être lancée. Delphine Batho s'élève contre ces "421 sites Seveso pour lesquels ont été prescrits des plans de prévention des risques technologiques et moins de la moitié aujourd'hui ont un plan de prévention des risques qui soit abouti et mis en oeuvre". Les restrictions de circulation autour de l'usine ont été levées.

"Je me félicite du succès des opérations" : Frédéric Sanchez, maire du Petit-Quevilly  (00:00:44)
 

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Une enquête judiciaire a déjà été ouverte mardi, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Rouen. Il s'agit de savoir si la cause de l'incident survenu est de nature pénale.

Par Yann Bertrand
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
C'est du foutage de geule ! On est beaucoup encore à avoir des maux de tete, des problèmes de digestions... Des oiseaux sont morts. Comme si ce n'etais pas a forte concentration !!
Avatar de anonyme
inacceptable...comme était inacceptable le fonctionnement de l'Incinérateur d'Issy les Moulineaux qui crachait de la dioxine dans toute la région... C'est celle du nuage radioactif qui s'est arrêté sur la Frontière française... Quand aux produits de traitement annoncés: Eau de Javel et soude costique... Rien de plus toxique que ces deux produits pour les problèmes respiratoires...
Avatar de anonyme
Kissifrot (anonyme),
pas dangereux à de si faibles concentrations... OK ! mais quel impact à une exposition prolongée même à faible concentration ?
Avatar de anonyme
Depuis le mensonge de Tchernobyl, les autorités et le plus haut niveau de l'état ne sont plus crédibles, en cas de sinistre majeur, l'ordre n'est pas donné d'informer les populations mais de tout faire pour éviter une trop grande inquiétude et des recours trop nombreux contre les responsables du sinistre.
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