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Deux interpellations après l'agression d'un jeune juif dans un train

le Jeudi 5 Juillet 2012 à 12:00 mis à jour à 17:40
Par Grégoire Lecalot

Un élève de l'école Ozar Hatorah, où quatre personnes ont été tuées par Mohamed Merah en mars, a été agressé dans un train Toulouse-Lyon dans la nuit de mercredi à jeudi. Il aurait été pris à partie en raison de sa confession. Deux hommes de 18 ans ont été interpellés, une confrontation doit avoir lieu.

Le jeune homme de 17 ans se trouvait dans le train Toulouse-Lyon, dans la nuit de mercredi à jeudi. "Arrivé près de Valence, peu avant 19 heures, j'appelle mon frère pour lui dire que je serai bientôt là. Mon frère a un prénom juif et, dans le wagon, je vois que mon appel fait réagir les deux jeune", raconte le jeune homme dans une interview au Progrès. Ses agresseurs l'ont insulté et pris à partie dans le compartiment qu'il occupait.

Cette agression s'est poursuivie sur la plate-forme au niveau des toilettes et le jeune homme a été roué de coups. Il a fallu l'intervention d'un autre voyageur et de contrôleurs de la SNCF pour mettre fin aux violences. "Le jeune homme a tenté d'apaiser la situation en s'exprimant en arabe, une langue qu'il parle. Mais loin d'apaiser ses agresseurs, ça les a excités davantage", a expliqué son avocat, Alain Jakubowicz, par ailleurs président de la Licra.

La victime, scolarisée dans l'école Ozar Hatorah de Toulouse, où quatre personnes ont été tuées par Mohamed Merah le 19 mars, s'est vu déliver une ITT (interruption temporaire de travail) de huit jours. Il a déposé plainte au commissariat de Lyon où une enquête a été ouverte. "Dans le cadre du début de l'enquête, le caractère antisémite de l'agression n'est pas encore avéré" a déclaré une source judiciaire.

Confrontation entre la victime et les deux hommes interpellés

Deux hommes de 18 ans ont été interpellés jeudi matin dans le cadre de cette affaire. Selon une source policière, ils sont d'origine maghrébine et  n'ont pas de casier judiciaire. "Ces deux jeunes venaient passer des tests pour intégrer l'armée. Ils ont été interpellés dans le centre de recrutement" du quartier général Frère, dans le 7è arrondissement, a précisé un porte-parole de la zone de défense sud-est. Selon l'avocat de la victime, une confrontation devait être organisée jeudi après-midi à l'hôtel de police.

Cette agression, fermement condamnée par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, fait suite à une autre agression antisémite la semaine dernière. Le ministre s'est dit déterminé à "combattre toutes les résurgences de ce mal profond qu'est l'antisémitisme", "une offense aux valeurs et à l'histoire de notre République". A Toulouse, le président de la communauté juive a estimé jeudi que les Juifs étaient victimes d'une "forme d'acharnement qui devient insupportable". Le maire de la ville Pierre Cohen a également estimé que la République devait "être sévère lorsque les valeurs qu'elle défend sont bafouées".

"Il était présent lors de la tuerie il y a quelques mois..." - Marc Ansalem président du CRIF Rhônes-Alpes  

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