Odeur de gaz entre Rouen et Paris : les autorités se montrent rassurantes

par Sylvie Johnsson mardi 22 janvier 2013 04:06, mis à jour le mardi 22 janvier 2013 à 11h55
Maxppp

Une forte odeur de gaz, parfois incommodante, poussée par le vent, a atteint la région parisienne dans la nuit de lundi à mardi. Elle provient d'une fuite à l'usine chimique Lubrizol, située à Rouen. Le ministère de l'Intérieur assure qu'elle "ne présente aucun danger pour la santé".

La préfecture de Seine-Maritime a expliqué tôt ce mardi matin que cette émanation de gaz provient de l'usine Lubrizol de Rouen, fabricante d'additifs pour lubrifiants, carburants et peintures, classée Seveso "seuil haut" (670 établissements en France), qui "a détecté une instabilité sur une de ses spécialités chimiques".

Une autre source précise qu'il y a eu "une réaction qui s'est faite dans un four de l'entreprise" lundi matin. Cette fuite de gaz est en tout cas toujours en cours, et l'odeur pourrait persister une bonne partie de la journée, même si Lubrizol a "bon espoir" de mettre fin à l'incident "dans la journée".

L'usine Lubrizol, dans la périphérie de Rouen

L'usine Lubrizol, dans la périphérie de Rouen © IDÉ

Sébastien Paour, envoyé spécial de France Info à l'usine Lubrizol de Rouen  (00:01:18)
 

Le résultat, ce sont de nombreuses réactions depuis tôt mardi matin. Beaucoup d'habitants de Normandie et d'Ile-de-France s'inquiètent des conséquences de la diffusion de ce gaz. Le réseau social Twitter a été submergé par les réactions, tantôt inquiètes, tantôt moqueuses et souvent incrédules des internautes.

D'autres internautes font même le parallèle avec la réaction des autorités face au passage du nuage de Tchernobyl en France en 1986. L'odeur, elle, s'est fait sentir sur un large territoire, de la Haute-Normandie à l'Ile-de-France, et même un peu plus au nord, dans la Somme ou encore l'Oise.

Encore plus loin, de l'autre côté de la Manche, les témoignages se multiplient. En Angleterre, dans le Sussex, au sud du pays, la police a même communiqué pour rassurer la population mardi matin.

Selon l'officier d'astreinte de la sécurité civile de Seine-Maritime,  le gaz concerné est donc du "mercaptan, le gaz qui donne son odeur au gaz de ville. Il est sans danger". Une non-toxicité confirmée par la préfecture de Seine-Maritime.

"Ce gaz est un gaz très odorant mais il n'est absolument pas toxique puisque nous sommes très en deçà des seuils de toxicité. On sait par des mesures effectuées de manières permanentes que ce qui est sorti de l'usine Lubrizol est très en deçà des normes qui pourraient être nocives."

Ce gaz est non toxique assure Florence Gouache, la directrice de cabinet de la préfecture de Rouen  
 

Malgré tout, les maux de tête ou irritations peuvent faire partie des symptômes possibles (voir encadré). "On est surtout dans la réaction psychologique liée à l'odeur", affirme une source au sein des services de secours de Seine-maritime.

Les pompiers de Paris et la préfecture de Seine-Maritime demandent  à la population de ne plus appeler les secours, notamment les numéros 18 et 112, afin de ne pas saturer les centres d'appel.

Les explications de Nadia Georges, chargée de communication de crise à l'usine Lubrizol de Rouen  (00:01:46)
Propos recueillis par Stéphane Duault.

A Paris, le ministère de l'Intérieur a également communiqué sur le sujet. Le porte-parole Pierre-Henry Brandet affirme que "les mesures réalisées ont révélé un seuil de concentration très faible mais qui explique cependant la gêne ressentie par un grand nombre de personnes".

"Il n'y a rien à cacher" selon Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur  (00:05:11)
Le ministère de l'Intérieur veut rassurer : les émanations du gaz à de telles doses ne sont pas toxiques.

Pour couper court aux inquiétudes, le ministère de l'Intérieur va publier dans la journée les résultats des relevés effectués ces dernières heures.

Selon la base de données ARIA du ministère du Développement durable, cinquante incidents de fuite de mercaptan ont eu lieu en France depuis 1988 (neuf en Seine-Maritime), dont trois en 2012. Le dernier, le 18 juin 2012 à Saint-Vulbas dans l'Ain. Un fût métallique contenant des déchets liquides à base de mercaptan avait été endommagé sur un site d'élimination de déchets dangereux. Environ 120 employés des entreprises voisines avaient été évacués.