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One day le long de la clôture olympique

le Samedi 11 Août 2012 à 20:23 mis à jour à 22:09
Par Cécile Quéguiner

La clôture qui entoure le parc olympique © Radio France - CQ

Le parc olympique, Fort Knox en plein East End, est entouré a minima d'un haut grillage et ses entrées, contrôlées par des check-point. Les yeux du monde sont braqués sur l'intérieur du site. Mais qu'y a-t-il au-delà de la clôture ? Balade outside.

La clôture grillagée du parc olympique est haute d'environ quatre mètres, surplombée toujours de caméras de surveillance, réhaussée parfois de lignes électrifiées, et doublée occasionnellement d'une infranchissable zone tampon. Mon périple commence à Hackney Wick, l'une des entrées du parc réservée aux journalistes. Le parc ici est bordé par un canal, coupé à la circulation fluviale et vidé de ses péniches habituelles. Seules des navettes de sécurité et les canards patrouillent, sous le regard des habitants d'un coquet lotissement fleuri.

A chaque entrée routière du parc olympique... © Radio France CQ

David et Steward promènent leur chien le long de la promenade, pas gênés pour une livre d'avoir pour horizon les hangars du centre olympique des médias : "Avant, ici, c'était un terrain vague. Et puis l'eau du canal était stagnante. On l'a nettoyée pour les JO. C'est bien mieux maintenant". Hors ce décor sans âme sous leur fenêtre, c'est vrai que les abords du parc sont proprets. Et le calme parfait : "Il y a les rondes d'hélicoptères. Mais sinon, on n'entend rien".

"Entre les artistes du quartier et les JO, c'est cool"

Au 16e jour des Jeux, comme au 7e ou au 1er, pas un chat ou presque dans les rues de ce quartier fait d'entreprises du bâtiment ou de réfrigération, d'usines désaffectées, de résidences d'artistes, de lôtissements populaires ou de pubs branchés. Claudia, serveuse dans un de ces bars qui ont ouvert juste avant les Jeux : "Ici, il y a une population arty qui redoutait les JO. Mais en fait, tout le monde trouve ça cool ! Il y a une super ambiance".

Hackney Wick, quartier d'artistes, les murals en témoignent © Radio France CQ

Certains lieux plus huppés en ont fait leur fond de commerce. "Ici, terrasse avec vue sur le stade olympique", vantent plusieurs cafés alignés sur la berge. "Ugly" ("laid"), rétorque un graffiti sur le mur d'en face. Quelques mètres plus loin encore, c'est du champagne que l'on boit devant le spectacle olympique. Une fumerie de saumons, Forman's, sise depuis 1904 sur le site du parc, délogée par le chantier, qui en a profité pour déménager de l'autre côté du canal et se transformer en restaurant-galerie haut de gamme tout en continuant -accessoirement- le fumage. "Nous sommes chanceux, explique l'hôtesse des lieux. Parce que nous faisions partie des 250 entreprises qui ont dû laisser la place aux JO. Or, environ 200 ont fermé, faute de pouvoir racheter des locaux ailleurs". Insolent face aux friches environnantes, l'établissement a rebaptisé sa berge Fish Island Riviera. 

"Les poissons sont partis à cause des JO"

Pourtant, le quartier excentré n'est pas très fréquenté. Pendant les JO, il est même interdit de s'y garer. Lucy, juriste, co-loue une maison à deux pas, "parce que ce n'est pas cher". Mais une de ses co-locataires a déménagé à cause des Jeux car "elle craignait qu'il y ait des bombes". Pourtant, ici comme dans tout Londres, sécurité renforcée. "Il y a moins de criminalité depuis les Jeux", jurent John et Steve, cannes à pêche à la main sur le canal. Moins de criminalité et moins de poissons. "Pour le nettoyer, ils ont dragué le fond du canal. Et les anguilles sont parties..."

Consensus autour des JO... ou presque © Radio France CQ

Eux aussi néanmoins voient les Jeux d'un bon oeil. Comme Mary, retraitée : "J'avais peur que ça coûte cher. Au départ, je voulais que les Jeux soient organisés en France. Mais finalement, c'est bien pour nous. La Grande-Bretagne, c'est un si petit pays". Et de me conduire jusqu'à son église -catholique- qui "ferme exceptionnellement à minuit tous les jours pendant les JO, pour permettre aux gens d'aller allumer des cierges pour les athlètes". Cette petite dame fébrile est-elle supportrice ? "Bien sûr, je suis Britannique", tranche-t-elle.

"Les Jeux, c'est historique pour mes enfants"

En s'approchant de l'entrée principale du site, les transformations du quartier sautent aux yeux. Des immeubles ultra-modernes encore en construction... Au pied de l'un d'eux, le toit du stade olympique en vue, David joue au football avec ses fils : "C'est vraiment une bonne chose qu'on ait les JO. C'est historique pour mes enfants. Mais, les tickets sont vraiment trop chers, explique-t-il amer. De chez moi, j'entends les gens crier pendant les épreuves et je ne peux pas y prendre part."

 

 

 

Par Cécile Quéguiner
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One day, checkpoint, outside, cool... votre article est truffé de charabia non-français.
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