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One day dans le Londres extra-olympique

le Samedi 4 Août 2012 à 23:26
Par Cécile Quéguiner

Usain Bolt près de Brick Lane © Radio France - CQ

Comment se passe la vie à Londres pendant ces jeux olympiques ? De Tottenham à Knightsbridge, en passant par Brick Lane, reportage loin du stade, des hélicoptères de sécurité et de la foule des supporters.

Si vous vouliez visiter Londres sans faire la queue dans les musées, c'est maintenant qu'il faut s'y rendre. Sorti des sentiers olympiques siglés en rose et et peuplés de volontaires habillés de rouge et violet, la ville est exceptionnellement calme. "Morte", diront même deux coiffeuses rencontrées près de Brick Lane, quartier multiculturel branché. Et la circulation qu'on annonçait périlleuse s'avère plus tranquille que jamais. Certaines voies réservées aux convois olympiques accréditées ont même été rouvertes à tous. 

Matilda et Billy, coiffeuses : "London is dead" © Radio France CQ

Ne pas se leurrer. Les attractions touristiques, même délestées de 30% de leur clientèle habituelle, sont contaminées par l'euphorie olympique. Mais en reculant de quelques dizaines de mètres, l'ambiance retombe. A Knightsbridge par exemple, quartier "posh" par excellence, de l'ouest londonien, où vivent millionnaires et aristocrates, passé le très smart Harrod's où transitent un jour ou l'autre tous les visiteurs de la ville, les coquettes rues bordées de Bentley et de squares privés sont vides. Les pubs désertés. Les habitants soit passent leur vie aux Jeux - "Ils ont les moyens d'y aller tous les jours", confie Renato, vendeur de prêt-à-porter dans le quartier -, soit ont fui le temps des olympiades. 

A Knightsbridge, les drapeaux aux fenêtres, ce n'est pas le genre du quartier, sauf sur les échafaudages" © Radio France CQ

Plus à l'Est, à Shoreditch, quartier des artistes et hipsters, la vie bat son plein. Les magasins de fripes ou d'accessoires vintage sont plein en ce samedi après-midi. Les graffeurs sont à l'oeuvre. ET l'olympisme discret mais présent. Près de Brick Lane, dans une friche, un portrait géant de Usain Bolt vous surplombe. A ses pieds, Louise, casquette sur la tête, ravie que les JO se tiennent en Grande-Bretagne "parce que les hooligans, dans le football, avaient détérioré l'image du pays. Et avec les Jeux, on peut à nouveau être fiers d'être Britanniques". Patriotisme version branchée. A trois rues, une galerie plus impertinente, consacre son exposition au dopage. Pièce maîtresse et dérangeante : une statue de lanceur de disque faite de milliers de gélules. 

Dans une galerie de Shoreditch © Radio France CQ

En revanche, il faut beaucoup d'imagination pour se sentir en plein JO à Tottenham, plus au nord. C'est là, dans les rues commerçantes de Wood Green qu'ont eu lieu les émeutes de Londres, il y a un an exactement. Le brasier s'est éteint mais le quartier très populaire semble encore à fleur de peau. Un vieux monsieur, feutre sur le tête, proteste : "Moi, les JO, ça ne m'intéresse pas. C'est nous les Londoniens qui avons tout payé et ça ne nous rapporte rien". Tony, vendeur de voitures, désoeuvré : "Ici, il y a plus d'ambiance pendant les championnats de foot. Nous ce qu'on aime, c'est ça, la boxe et l'athlétisme. L'aviron ou l'équitation, c'est pour les riches". 

Sarah à Wood Green : "A cause des JO, on part pour le marché à minuit au lieu de 3 heures du matin" © Radio France CQ

Collin, taxi, lui aussi peste. Il se serait bien passé des Jeux, à cause des voies olympiques réservées. "C'est compliqué. Parfois on en se rend pas compte qu'on les emprunte. Et quand on se fait prendre, ça coûte 130 livres, explique-t-il. Moi les JO j'aime ça, mais je les préfèrerais ailleurs. De toute façon, je les regarde à la télévision". Faute de tickets, comme une grande majorité de Londoniens !

Par Cécile Quéguiner
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