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La rigueur va-t-elle tuer Erasmus ?

le Mercredi 3 Octobre 2012 à 12:44 mis à jour à 15:24
Par Antoine Krempf

Le programme européen d'échange d'étudiants pourrait être en cessation de paiement si les gouvernements n'accordent pas une rallonge au budget communautaire, d'après l'eurodéputé Alain Lamassoure. Le Fonds social européen et une partie des fonds régionaux seraient également menacés.

"Si les gouvernements de l'Union européenne ne font rien, les étudiants inscrits sur Erasmus ne pourront pas partir l'an prochain". C'est la sonnette d'alarme tirée ce mercredi par l'eurodéputé Alain Lamassoure. Le président de la commission Budget au Parlement européen explique également que "le Fonds social européen et une partie des fonds gérés par les collectivités locales sont en cessation de paiement depuis le début du mois".

La Commission européenne a confirmé ce mercredi que le programme d'échange d'étudiants européens "est à court d'argent". Bruxelles annonce qu'elle va demander aux Etats une "rallonge substantielle" pour pouvoir continuer à financer les bourses. 

Comment expliquer cette situation ?

La faute à la rigueur. Fin 2011, les gouvernements européens ont décidé de mettre le budget communautaire au régime sec. Alors que les députés européens réclamaient une hausse de 5,4% du budget de l'UE, les Etats ont décidé d'accorder 129 milliards d'euros de budget. Cela représente une augmentation de 1,86%, soit moins que l'inflation. Conséquence, les dépenses réelles sont en baisse et les institutions doivent, sur le papier, faire des sacrifices.

Un double langage de la France ?

C'est ce que dénonce Alain Lamassoure sur France Info. L'eurodéputé rappelle que, dans sa volonté de renégocier le traité européen, le nouveau président a fait adopter un "pacte de croissance" lors du Conseil européen de juin dernier. Le texte prévoit une enveloppe de 120 milliards d'euros (financée par une réorientation des fonds structurels régionaux, le produit de la taxe sur les transactions financières et l'augmentation des prêts de la Banque européenne d'investissement).

Cette somme est destinée à financer des projets d'innovation, l'accompagnement des PME ou encore l'efficacité énergétique. Mais pour Alain Lamassoure, "en pratique, l'administration française coupe les crédits. Il faut que Paris donne des instructions et arrête ce double langage. Ou bien on considère que le budget européen est important, ou bien on arrête de faire de grands discours lyriques sur l'Europe".

Un blocage qui risque de continuer

Si Alain Lamassoure est remonté, c'est que la France fait partie des sept pays (avec le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, la Suède et les Pays-Bas) qui s'opposent au budget 2013 présenté par la Commission européenne. Pour rattraper les retards d'investissement et de fonctionnement, Bruxelles prévoit 138 milliards de dépenses, soit une hausse de 6,2%. Les négociations se poursuivent jusqu'au sommet européen sur le budget prévu fin novembre.

An raison de la rigueur imposée à l'UE, l'eurodéputé Alain Lamassoure craint voir disparaître plusieurs programmes européens.  

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Par Antoine Krempf
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Avatar de anonyme
Si elle ne tuait que Erasmus, se serai pas aussi grave.
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