La prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro est prévue le 20 février prochain. Il ne reste donc plus que quelques jours à la Grèce pour décider des économies supplémentaires de 325 millions d’euros. C’est la condition pour qu’Athènes obtienne le déblocage d'une nouvelle aide de 130 milliards d'euros.
Les drapeaux grec et de l'Union européenne face au Parthénon à Athènes © Reuters Yannis Behrakis
Le président de l'Eurogroupe avait prévu de tenir une réunion sur le dossier grec aujourd’hui à Bruxelles. Mais Jean-Claude Juncker a changé ses plans parce qu'il veut recevoir l'assurance des dirigeants politiques grecs que les réformes seraient mises en œuvre.
Les ministres des finances de la zone euro veulent des garanties concernant le comblement du déficit budgétaire de 325 millions d'euros en 2012.
Selon des médias grecs, une partie de cette somme proviendra d'une réduction d'environ 10% des salaires des régimes spéciaux (militaires, policiers, juges, diplomates, universitaires, etc.) et une autre d'une réduction du budget des ministères, dont celui de la Défense.
En Grèce, la fonction publique représente tout de même 800.000 personnes sur les 11 millions d’habitants.
Le budget de la défense est aussi très élevé. Un budget proche de celui des Etats-Unis. C’est à cause de "la menace turque" explique Athènes.
L’armée grecque, c’est 100 000 hommes et femmes pour l’armée de terre, 18 800 pour la marine et 26 800 pour l’armée de l’air, soit 2,9% de la population active contre 1,1% dans les autres pays de l’Otan.
Pour faire des économies, la Grèce prévoit aussi des réductions de dépenses d’un milliard d’euros dans le secteur de la santé. L’Etat grec envisage aussi de vendre les parts qu'il détient dans des entreprises publiques. La Grèce s'est engagée sur un plan de privatisation de 50 milliards d'euros, mais a peu avancé sur le dossier.
Antonis Samaras, chef du parti conservateur grec Nouvelle Démocratie, doit envoyer dans la journée un engagement écrit au sujet du plan de renflouement du pays.
George Papandreou, ancien Premier ministre et dirigeant du Parti socialiste (PASOK), a quant à lui déjà remis l'engagement signé par lequel il apporte son soutien aux mesures adoptées par le parlement grec.
Symboliquement, le président grec Carolos Papoulias a décidé de renoncer à son salaire. Le ministre des Finances Evangélos Vénizélos a salué "un geste très important et très symbolique à l'heure où le peuple grec doit supporter des sacrifices".
Sans une nouvelle aide financière internationale, la Grèce pourrait se trouver dans l'incapacité de rembourser des dettes de quelque 14,5 milliards arrivant à échéance le 20 mars.
En attendant, l'économie grecque reste engluée dans une profonde récession au quatrième trimestre 2011, avec une contraction de son produit intérieur brut de 7% en rythme annuel, selon un chiffre non corrigé des variations saisonnières annoncé par l'Autorité des statistiques grecques.

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