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L'Europe inquiète de l'afflux de nouvelles drogues de synthèse

le Jeudi 15 Novembre 2012 à 11:35
Par Cécile Quéguiner

En poudre ou comprimés. Actives à court ou long terme. L'Observatoire européen des drogues et toxicomanies voit arriver sur le sol européen de plus en plus de drogues de synthèse. Aux effets inconnus !

L'Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) vient de rendre public, ce jeudi, son 17e rapport annuel. Un document de 116 pages dans lequel il alerte sur l'augmentation des risques pour les toxicomanes dans le contexte de crise actuelle (les contaminations au VIH notamment seraient en forte hausse chez les usagers de drogues par injection). Mais ce qui en ressort également, à l'instar de son précédent rapport, c'est ce récent déferlement de drogues de synthèse en Europe. Drogues nouvelles, donc difficiles à identifier pour les spécialistes.

  • Comment évaluer l'ampleur du phénomène ? 

Si le cannabis et la cocaïne restent les drogues (illicites) les plus consommées, l'OEDT affirme qu'elles sont désormais concurrencées par "un nombre croissant de drogues de synthèse". L'Observatoire, grâce à son système d'alerte précoce (EWS comme Early warning system) en a détecté 164 nouvelles entre 2005 et 2011. Un afflux qui va croissant : 24 nouvelles substances psychoactives ont été comptabilisées en 2009, 41 en 2010, 49 en 2011 et déjà 50 (chiffre encore provisoire) en 2012. 

  • Que sont ces nouvelles substances psychoactives ?

Les deux tiers de ces substances sont ce que l'on appelle des cannabinoïdes ou des cathinones de synthèse, c'est-à-dire des drogues imitant les effets du cannabis et de la cocaïnes. Mais l'Observatoire surveille aussi un certain nombre de médicaments ou assimilés, vendus à d'autres fins. Comme la kétamine ou ses dérivés, particulièrement dangereux. 

Les principales substances identifiées par le système d'alerte depuis 2005 © OEDT

  • D'où proviennent ces drogues ?

Elles sont en général synthétisées hors des frontières européennes. En Chine, ou dans une moindre mesure en Inde. Ces deux pays sont considérés comme les principaux producteurs. La suite en revanche s'opère parfois en Europe. Le rapport raconte que les autorités chargées de la lutte antidrogue ont découvert "des installations conçues pour importer, mélanger et emballer ces substances". 

  • Comment pénètrent-elles le marché européen ?

Par plusieurs biais, comme le marché noir, "mais aussi la vente sur internet ou dans des commerces spécialisés dans certains pays", qu'on appelle les smart shops ou head shops. Ce qui inquiète d'ailleurs l'OEDT, c'est que ces substances sont distribuées souvent comme "euphorisants légaux", ce qui tend à tromper le consommateur. "Il est vraisemblable que l'immense majorité des usagers sont dans l'ignorance totale de ce qu'ils consomment et des conséquences sanitaires et juridiques de leur consommation", a expliqué à l'AFP Franck Zobel, de l'OEDT.  

Ainsi, en faisant des achats-tests sur internet de ces produits annoncés comme "euphorisants légaux", des enquêteurs britanniques ont décelé des subtances illicites dans 19% des cas. L'Observatoire a ainsi recensé en janvier dernier 693 magasins en ligne susceptibles de fournir au moins un État de l'UE en substances illicites. Inquiétant pour Franck Zobel : "On a affaire à des apprentis sorciers, qui appartiennent à des organisations criminelles ou qui tentent de développer un marché légal de substances psychoactives, analyse-t-il. Mais ils vendent des produits dont ils ignorent la toxicité".

  • Comment les détecter ?

Beaucoup d'enquêtes sur la toxicomanie reposent sur les déclarations des usagers. Mais leur fiabilité est très relative, surtout lorsque ces substances avancent masquées et que les consommateurs ne savent pas exactement ce qu'ils s'administrent. Il arrive aussi d'analyser les eaux usées des stations d'épuration pour déterminer dans une population le degré de consommation de certaines drogues comme la cocaïne ou la MDMA, mais la méthode semble peu pertinente pour les substances psychoactives. Une étude pilote a donc été lancée, selon l'OEDT, recueillant des échantillons d'urine dans les nuits londoniennes. Méthode efficace qui pourrait être généralisée. 

 

Par Cécile Quéguiner

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