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Incendies en Catalogne : 14.000 hectares de végétation dévastée... et après?

le Mercredi 25 Juillet 2012 à 17:52 mis à jour à 19:30
Par Mélanie Potet

Alors que les pompiers travaillent à l'extinction des derniers foyers mercredi, la Catalogne redécouvre peu à peu son nouveau visage, enduit de suie et de cendres. 14.000 hectares de végétation dévastée, véritable paysage de désolation. Mais quel avenir attend la flore de cette zone sinistrée?

Déclaré en "phase de contrôle" mardi soir après avoir tué quatre personnes, trois Français et un Espagnol, le feu a brûlé plus de 14.000 hectares de végétation catalane. Un bilan chaotique. À perte de vue : un sol noir recouvert de cendre, parsemé de squelettes d'arbres carbonisés.

Cependant, les espèces qui composent majoritairement la région méditerranéenne (Chêne-liège, pin d'Alep et pin Maritime) présentent une forte capacité à se renouveller après un incendie.

Des espèces à la régénération assurée

Le Chêne-liège est réputé pour ses propriétés d'isolation. Cette espèce est très résistante au feu grâce à son liège protecteur. Dès le premier printemps, les chênes auront rejeté leurs graines gardées dans la résine.

Selon Rémy Savazier, ingénieur forestier à l'Office national des forêts (ONF), "il est probable qu'une bonne part du paysage, notamment celle qui est constituée de chênes lièges, reprendra un aspect forestier d'ici une dizaine d'années. L'exception de ces massifs siliceux comportant du Chêne-liège fait qu'on a un aspect forestier assez rapidement". Rémy Savaziers ajoute qu'"en général, sur la plupart des terrains autres, il faut une bonne vingtaine d'années pour obtenir un aspect de forêt jeune, et une bonne quarantaine d'années pour avoir l'aspect d'une forêt adulte".

"Pour les espèces résineuses, notamment les pins, qui sont majoritaires en région méditerranéenne, on va également avoir une capacité à se ressemer derrière l'incendie qui va être relativement importante. Dès l'automne des semis de pin apparaîtront", explique l'expert.
Une régénération plutôt rapide donc pour les pins d'Alep et les pins Maritimes. Pour preuve, après l'incendie qui ravageait le massif de Maures en 2003, de jeunes plants vigoureux se sont développés en 6-7 ans seulement.

Une régénération à l'image du massif des Maures

Il y a neuf ans, cet incendie brûlait 25.000 hectares de végétation, dans l'arrière-pays varois. Mais grâce à son sol siliceux et à ses Chênes-lièges, les terres ont rapidement repris des couleurs. Cet exemple de réhabilitation rapide des peuplements végétaux est un espoir pour le massif des Albères dans les Pyrénées orientales, de même nature de sol et de végétation, victime aujourd'hui des flammes.

Néanmoins, selon les types de végétations et de sols, la régénération peut se révéler plus lente et difficile. Notamment pour les terrains calcaires, beaucoup plus secs et arides. Ainsi, le massif de l'Étoile situé au nord de Marseille, n'a toujours pas retrouvé son aspect forestier, 15 ans après un incendie destructeur.

Pour l'instant, aucun reboisement artificiel n'est envisagé, la nature devant elle-même se reconstruire au fil du temps.
Les catalans devront plus ou moins s'armer de patience selon les zones sinistrées, avant de retrouver les paysages tels que dans leur souvenir commun. Une bonne dizaine d'années au minimum...

Combien de temps mettra la forêt pour se relever de ce sinistre? Une dizaine d'années sans doute, Anne Laure Barral   
 

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