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Viande de cheval dans les lasagnes Findus : qui est responsable ?

le Samedi 9 Février 2013 à 12:39 mis à jour à 19:55
Par Cécile Quéguiner

Une usine Findus à Longbenton, en Grande-Bretagne, où le scandale a éclaté © Reuters - Nigel Roddis

Les enquêteurs de la DGCCRF et leurs homologues britanniques tentent de remonter la chaîne de fabrication des produits Findus pour comprendre comment de la viande de cheval a pu se retrouver dans des préparations à base de boeuf. Incriminé par tous les intermédiaires de la marque : un fournisseur roumain. Selon Findus, la "fraude" pourrait remonter à août dernier.

Le scandale est venu de Grande-Bretagne - où il est culturellement impensable de manger du cheval - après la découverte de viande chevaline à 60 voire 100% dans des lasagnes de la marque Findus. Alertée, la DGCCRF a mis son nez et surtout ses pipettes dans les mêmes plats vendus en France et y a retrouvé aussi des traces de cheval. "Tromperie", clame la Répression des fraudes.

>>> Lire aussi Du cheval dans les lasagnes : Findus retire en France trois plats préparés

De la Suède... à la Roumanie

Négligence ? Ou inversion volontaire ? D'après Findus, "les premiers résultats de l'enquête interne suggère fortement que la contamination des lasagnes de boeuf n'était pas accidentelle". Le groupe de surgelés ajoute qu'il envisage d'engager des poursuites judiciaires contre "ses fournisseurs".

Il s'agit maintenant de remonter la longue chaîne de fabrication de ces plats préparés. Car Findus, société suédoise, s'approvisionne chez Tavola, au Luxembourg, filiale de l'entreprise française Comigel. Celle-ci achète sa viande à une société Spanghero dans l'Aude, qui appartient à la coopérative basque Lur Berri. Spanghero qui serait passé par un trader chypriote, lui-même passé par un autre trader néerlandais, pour importer de la viande provenant d'un abattoir roumain ! 

Le ministère roumain de l'Agriculture confirme que deux sociétés sont dans le collimateur d'une enquête sanitaire et qu'elles "disposent d'une autorisation sanitaire pour l'abattage et le dépeçage du boeuf, du porc, du mouton et du cheval".

Du cheval pour du boeuf ? L'embarras des Roumains, par Luca Niculescu de RFI  
 

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"Nous sommes des producteurs de viande de boeuf, de mouton et de porc. Nous n'achetons pas de viande de cheval, se défend Barthélémy Aguerre, président de Spanghero et vice-président de Lur Berri, joint par France Bleu Pays Basque. Nous avons acheté de la viande boeuf et nous avons vendu de la viande de boeuf. Si cette viande est incriminée dans l'affaire Findus, nous nous retournerons fermement contre notre fournisseur". L'intermédiaire confie d'ailleurs recevoir puis revendre la viande congelée... en l'état. 

"Nous, nous avons acheté de la viande de boeuf et vendu de la viande de boeuf, c'est clair" (00:00:55)
 

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Néanmoins, la question se pose : l'importateur français pouvait-il vraiment ignorer la nature de sa viande ? Le président de l'association Romalimenta qui regroupe les patrons roumains de l'alimentaire, en doute : "Je suis sûr que l'importateur savait que ce n'est pas du boeuf, car le cheval a un goût, une couleur et une texture particulière", a-t-il déclaré. 

Vers un trafic de viande en Europe ?

La Grande-Bretagne est particulièrement outrée d'avoir mangé de la viande de cheval à son insu. Le secrétaire d'Etat britannique à l'environnement annonce "un sommet de la viande de cheval" avec les distributeurs et les autorités sanitaires britanniques et évoque "un complot criminel". En France où la consommation de viande chevaline est dans les moeurs, la réaction est moins épidermique. Il n'empêche, des sanctions pourront être prises contre les responsables, a prévenu le ministre délégué à l'Agroalimentaire.

"Y a-t-il eu négligence de la part de l'importateur français qui a manqué à son travail de contrôle ? Ou y a-t-il tromperie délibérée, a interrogé sur France Info Benoît Hamon, ministre délégué à la Consommation, qui a saisi le réseau d'alerte européen. Les contrôles existent, ils sont plutôt efficaces. J'entends que monsieur Cameron s'inquiète de cela. Je lui rappelle que lui qui aime l'UE sans État, sans contrôle, on voit les conséquences que cela peut avoir, et qu'il faut donc plus de régulation que le modèle économique qu'il défend", pointe-t-il. 

"Il y a une omerta totale sur la circulation de la viande en Europe" José Bové

Le député Vert européen José Bové va lui plus loin, dénonçant "une mafia de la viande" : "Il y a une espèce d'omerta totale sur la circulation des produits. Il n'y a pas de contrôle autre que bactériologique, explique-t-il au micro de France Info. Donc comme le prix de la viande chevaline s'est effondré en Roumanie, parce qu'on interdit la circulation des chevaux sur les routes, il y a des affaires juteuses à faire". 

"Quand la viande est congelée en pack et déjà hachée, il est impossible de voir la différence entre viande bovine et chevaline" José Bové  (00:00:50)
 

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L'affaire pourrait d'ailleurs être plus étendue qu'il n'y paraît. Car Findus n'est pas le seul à s'approvisionner chez Comigel. Le scandale avait éclaté en Grande-Bretagne à cause de produits vendus chez Burger King et les supermarchés Tesco. Enfin, on a appris vendredi soir que d'autres plats sous la marque Today's Special, vendus dans les supermarchés Aldi en Grande-Bretagne, contiendraient entre 30 et 100% de cheval. 

 

Par Cécile Quéguiner

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
ai-je manqué, dans tous vos articles sur le thème, l'information selon laquelle c'est l'ensemble de la grande distribution qui est touchée puisqu'elle sous-traite tous ses produits type : Carrefour et les produits carrefour, Auchan et les produits auchan, Monoprix et les produits Monoprix, Casino et les produits Casino, etc... ? voir : "La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe une bonne partie des enseignes françaises, a annoncé des retraits de produits de marque de distributeur chez Auchan, Casino, Carrefour (sous marque Carrefour et Grand Jury), Cora, Monoprix, et chez Picard, qui avait déjà annoncé les retraits de son côté samedi. Il s'agit de lasagnes, cannellonis ou spaghettis bolognaise, moussaka, hachis parmentier" (http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/10/d-autres-cas-de-fraude-...)
Avatar de anonyme
Qui dit chaîne de traçabilité dit processus d assurance qualité avec activités précises de suivi, contrôles, mesures,indicateurs etc... L'entreprise qui réceptionne la viande est la première responsable elle ne peut pas se permettre de ne pas vérifier sa qualité. Par échantillonnage, systématiquement, suivant une stratégie bien définie et acceptée par les organismes de supervision de la réglementation. Elle aurait du s en apercevoir plus tôt.
Avatar de anonyme
Ducon....parfois (anonyme),
Ne nous plaignons pas, à la place du boeuf il y avait du cheval, mais à la place des lasagnes, il aurait pu y avoir de la purée ! Là ils nous auraient abusé deux fois sur le même produit, on a eu chaud !
Avatar de anonyme
Ne vous inquiétez pas ! Bientôt nous mangerons tous des insectes (comme en thaïlande). Il paraît que ces bestioles sont pleines de protéines. Problème : une fois de plus les financiers et intermédiaires en tous genres vont s'en mettre plain les poches et ces saloperies d'insectes vont couter la peau des fesses !!